Visite aux Etats-Unis : mission délicate pour le roi Charles
Le roi Charles III et la reine consort, Camilla, effectuent une visite d'Etat de quatre jours aux Etats-Unis. Le président américain, Donald Trump, et sa femme, Melania, ont reçu le couple royal, lundi, à la Maison-Blanche. Ce mardi, Charles prendra la parole devant le Congrès. Les chroniqueurs se demandent si le roi peut sauver les relations britannico-américaines, très tendues ces derniers temps.
Nécessaire
Avec l'échec de la politique conventionnelle, le roi monte au créneau pour stabiliser les relations, analyse le journal Les Echos :
«250 ans après que son aïeul George a proclamé l'indépendance des Etats-Unis, motif officiel de cette visite, voilà Charles en mission officieuse pour sauver la 'relation spéciale' entre les deux pays. Il y a urgence. Trump, furieux du manque de soutien pour sa guerre contre l'Iran, pourtant si finement préparée, menace le Royaume-Uni de représailles commerciales et diplomatiques. … L'opinion anglaise désapprouve cet envoi de Charles au feu, mais le Premier ministre Keir Starmer a réussi la prouesse d'être encore moins populaire à Washington qu'à Londres. Charles, au moins, sera bien reçu.»
Un sceptre n'est pas une baguette magique
The Times espère que la visite arrondira quelque peu les angles :
«Pour y parvenir, Charles devra être plus déterminé, plus raisonné et moins servile que lors de l'année écoulée, sous l'égide de Starmer. … Le roi a un sceptre, pas une baguette magique. Il ne pourra faire disparaître par magie les désaccords qui se sont accumulés entre Starmer et Trump – Ukraine, OTAN, Groenland, îles Chagos –, qui ont généré une déception mutuelle. Mais au titre de diplomate protocolaire le plus expérimenté du Royaume-Uni, Sa Majesté peut changer le ton des discussions.»
Le charme discret de la monarchie
Le roi Charles va au-devant d'une tâche complexe, souligne La Stampa :
«Les enjeux sont considérables, non seulement pour les relations transatlantiques, Europe comprise, mais aussi pour le roi Charles personnellement : un désastre diplomatique, ou un simple incident, signifierait la fin de son legs de monarque. S'il parvient néanmoins à dompter Trump et à le rendre plus cordial vis-à-vis du gouvernement britannique, il redorerait son image, et pas seulement dans son pays. A l'image de nombre de ses prédécesseurs, Starmer croise aussi les doigts et espère que le charme discret et la force symbolique de la monarchie britannique feront leur effet.»
Dire stop
Après la visite du roi, Londres devra cesser de chercher à sauver les relations bilatérales, préconise The Guardian :
«Pour Trump, dont le narcissisme le rend aveugle à de nombreuses vérités, la visite du roi – la première visite d'Etat de ce type depuis 2007 – apparaîtra forcément comme un hommage personnel. … Vu le chaos destructeur qu'il a semé lors de son second mandat, et l'absence de respect témoigné au gouvernement élu du Royaume-Uni, à ses forces armées et à sa réalité moderne multiculturelle, c'est un constat amer. … Dès que le roi sera revenu à Buckingham Palace, il faudra tirer le rideau sur l'échec de l'offensive de charme menée par le gouvernement vis-à-vis d'un chef d'Etat à la dérive.»