Roumanie : un cavalier seul du président ?

Ilie Bolojan (PNL, libéral) ayant été renversé par une motion de censure au Parlement, le pays se cherche un nouveau Premier ministre. Bolojan avait annoncé vouloir nommer lui-même son successeur. Mais le président, Nicușor Dan, sans consultations préalables avec les partis et en l'espace de quelques jours, a nommé ce week-end un deuxième candidat, Adrian Veștea – actant la probable incapacité du premier, Eugen Tomac, à rassembler une majorité. Les médias du pays critiquent ce qu'ils qualifient de cavalier seul.

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republica.ro (RO) /

Une immixtion brutale

Sur republica.ro, le journaliste Florin Negruțiu s'offusque de l'action du président :

«Nicușor Dan a nommé un Premier ministre issu du PNL sans s'entretenir au préalable avec le parti – pire même : contre la volonté de celui-ci. Il s'agit d'une immixtion brutale et inacceptable dans les décisions internes d'un parti. Dan a indiqué vouloir remplacer Tomac par Veștea comme on change de chaussettes. Selon la Constitution, de nouvelles consultations avec les partis au Parlement auraient été nécessaires après le retrait de Tomac. Des consultations que Dan a jugées inutiles – un avis visiblement partagé par les partis.»

G4Media.ro (RO) /

Opaque et autoritaire

Sur G4Media.ro, Cristian Pantazi y voit une possible atteinte à la Constitution :

«Après le retrait de Tomac [le premier nominé], on se trouve, à mon sens, dans une nouvelle configuration : il faut désigner un nouveau candidat au poste de Premier ministre. Aussi Dan aurait-il dû mener des consultations avec tous les partis au Parlement – ce qu'il n'a pas fait. … Son comportement est profondément opaque et revêt des aspects autoritaires. Dan bouscule un parti [le PNL], qui a pris des décisions démocratiques. Et il tente de renverser Ilie Bolojan de la tête du PNL, en sapant ses décisions.»