Italie : Meloni mise en échec au Parlement

La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a essuyé un revers au Parlement sur un volet de son projet de réforme du droit électoral. La Chambre des députés a rejeté par 188 voix contre (contre 187 pour) un amendement initié par le parti au pouvoir, Fratelli d'Italia. La révision aurait permis aux électeurs d'établir des "préférences", c'est-à-dire de choisir des candidats individuels sur les listes des partis.

Ouvrir/fermer tous les articles
La Stampa (IT) /

Une lourde défaite

Meloni est visiblement confrontée à une fronde dans ses propres rangs, fait remarquer la Stampa :

«La gifle que lui a infligée le Parlement hier est bien plus grave que la nature du projet de réforme rejeté. Plus grave, de par la portée politique que Meloni avait accordée à l'initiative, comme s'il s'agissait d'un vote de confiance sur sa personne et son gouvernement. Plus grave, de par l'emphase médiatique avec laquelle elle a occupé le devant de la scène. Plus grave, également, de par la manière dont elle a géré l'affaire : d'une poigne de fer, sans aucune mansuétude pour ses opposants ou ses alliés. Une partie de ces derniers ont finalement bravé le diktat, protégés par le secret du vote. … Il s'est agi ici d'un vote contre Giorgia Meloni.»

Corriere della Sera (IT) /

La fin du bonus à la stabilité ?

Corriere della Sera prédit une année difficile à Meloni :

«Silvio Berlusconi avait affirmé que la dernière année de sa législature avait été la pire de sa vie. … Et Giorgia Meloni doit comprendre que pour elle aussi, l'heure fatidique a sonné avant-hier. La dernière année de son mandat de Premier ministre a débuté un peu plus tôt que prévu. Les partis qui la soutiennent sont plutôt mal en point, et au sein de son propre parti, cela sent aussi le roussi. Meloni a certes toujours bonne presse hors d'Italie, mais ses revers actuels trouveront aussi bientôt un écho à l'étranger ; la 'recette magique' de la stabilité devrait progressivement ne plus faire effet.»

Süddeutsche Zeitung (DE) /

Elle reste solidement en place

L'opposition se réjouit trop tôt, estime Elisa Britzelmeier, correspondante à Rome du quotidien Süddeutsche Zeitung :

«Les partis d'opposition [Partito Democratico et Cinque Stelle] réclament déjà la démission de Meloni. Pourtant, ils feraient piètre figure en cas d'élections anticipées. Les deux formations ne se sont toujours pas entendues sur le candidat ou la candidate qui pourrait défier Meloni. … Le parti de Meloni, Fratelli d'Italia, est pour sa part toujours en tête dans les sondages. … L'échec de Meloni se limite pour l'instant à une mesure intermédiaire, et non au cœur de la réforme, dont l'opposition critique à jute titre la dangerosité : la nouvelle loi électorale prévoit en effet une prime de majorité [un supplément de sièges] pour le premier parti d'une coalition – ce qui avantagerait Meloni.»