Gibraltar : disparition de la clôture frontalière
Les contrôles à la frontière séparant l'Espagne du territoire britannique d'outre-mer de Gibraltar ont été supprimés. L'accord, négocié entre Londres et Bruxelles après le Brexit et entré en vigueur mercredi, prévoit aussi le démantèlement de la clôture frontalière érigée en 1908. Cela signifie notamment la fin de longues files d'attente pour les travailleurs frontaliers. Les éditorialistes évoquent les conséquences diverses de cette entente.
Mettre en œuvre les autres promesses
La Vanguardia se dit soulagée :
«Certains pourront trouver paradoxal que le Brexit ait rendu possible l'accord entré en vigueur hier, qui facilite les relations entre Gibraltar et l'UE – et donc entre Gibraltar et l'Espagne. … Le plus important, ici, c'est d'avoir privilégié la négociation et le compromis, et retenu au final un critère pragmatique, qui facilite aussi bien la vie des travailleurs espagnols se rendant quotidiennement à Gibraltar, que celle des Gibraltariens eux-mêmes, qui verront leur activité économique simplifiée. Il faut seulement, désormais, que ces promesses de coopération économique et de développement partagé se concrétisent.»
La consolidation d'un regrettable statut d'exception
El Mundo fait part de son scepticisme :
«L'Espagne n'avance pas dans ses revendications de souveraineté sur 'le rocher', et les engagements britanniques sont peu concrets. Par ailleurs, le modèle économique de Gibraltar ne changera pas beaucoup. … Faute d'industries, Gibraltar a fondé sa prospérité sur un modèle alliant prestations financières, jeux en ligne et système fiscal très avantageux, jusqu'à se transformer en juridiction offshore à quelques encablures seulement de l'Espagne. Le problème, c'est que ce traité ne démantèle pas ce modèle, il contribue au contraire à le consolider de fait.»
Un nouveau chapitre
The Times se réjouit :
«L'accord facilite la circulation quotidienne de près de 15 000 travailleurs frontaliers, favorise le tourisme et les investissements, et permet à l'aéroport de Gibraltar d'accueillir des vols venant de tout l'espace Schengen. En contrepartie, le territoire britannique introduira une taxe sur les transactions semblables à la TVA, orientera des pans de son économie davantage sur les règles européennes et effectuera dorénavant ses contrôles migratoires à l'aéroport plutôt qu'à sa frontière terrestre. … Les représentants à Madrid assurent que la résolution de l'ultime legs majeur du Brexit permettra au Royaume-Uni et à l'Espagne d'approfondir leur coopération dans les domaines de la défense, du commerce, des transports et de la politique étrangère, même si leurs revendications mutuelles sur Gibraltar persistent.»