Chypre : Guterres relance les négociations
Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a amorcé une nouvelle initiative visant à régler le conflit chypriote. Lors d'une visite sur l'île, Guterres a déclaré avoir déjà obtenu l'accord du président chypriote Nikos Christodoulides et de Tufan Erhürman, président de la République turque de Chypre du Nord, qui n'est pas reconnue par la communauté internationale. Par ailleurs, les puissances garantes, à savoir la Grèce, la Turquie et le Royaume-Uni, devraient aussi participer aux négociations.
Une nouvelle dynamique
Cyprus Mail salue l'initiative du secrétaire général sortant de l'ONU :
«Guterres a déclaré que les deux parties chypriotes étaient disposées à participer à une nouvelle conférence, tout comme les trois puissances garantes, c'est-à-dire notamment la Turquie. C'est un revirement notable de la part d'Ankara, mais on ignore encore quel sera son aboutissement. Pendant près d'une décennie, la Turquie a insisté sur le fait qu'une solution à deux Etats était la seule voie possible après l'échec des négociations de Crans-Montana en juillet 2017. Même si Guterres n'a pas fixé de date d'échéance pour une nouvelle rencontre 5+1, dans les faits, il a lancé un compte à rebours en raison de sa date de départ de l'ONU, fixée en décembre. Sa visite n'a peut-être pas permis d'apporter des avancées concrètes, mais a donné une certaine dynamique.»
La balle est dans le camp turc
Phileleftheros se montre prudemment optimiste :
«Le déplacement de Guterres sur l'île, les entretiens qu'il y a menés et ses contacts avec toutes les parties prenantes en dehors de Chypre ont redonné vie à l'espoir d'une solution à la question chypriote. … Par ailleurs, il est positif que le secrétaire général ait clairement indiqué que son initiative s'appuie sur les résolutions des Nations unies. ... Cela est d'autant plus important puisque la Turquie, puissance occupante, conteste ce point. Il reste donc encore un long chemin à parcourir avant la convocation de la réunion informelle. Il faudra du travail, de la patience et surtout la volonté de la puissance occupante. Cela a été et reste la clé d'un accord durable sur la question chypriote.»
Test décisif pour le réalisme politique
Dans Efimerida ton Syntakton, le politologue Theodoros Tsikas espère que toutes les parties feront preuve d'une volonté de compromis :
«Guterres ne veut pas d'une nouvelle réunion de haut niveau sans résultat. Il souhaite un processus susceptible de conduire véritablement à un accord. … La question est de savoir si les deux parties sont prêtes à faire des compromis réciproques. Le dernier obstacle n'est pas de nature diplomatique, mais est avant tout politique. Le succès se mesurera à la capacité des deux communautés et des parties concernées à renoncer aux positions maximalistes et à faire preuve du réalisme politique nécessaire. Pour la première fois depuis de nombreuses années, le problème ne réside pas dans l'absence d'une initiative internationale, mais plutôt du manque de volonté politique pour transformer cette dernière vers une solution durable et viable.»