FIFA : Infantino, du rétropédalage à la démission ?

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a renoncé à son projet controversé, à savoir la vente de parts de la Coupe du monde à des investisseurs privés. La proposition ne sera pas développée, a déclaré le chef de la Fédération internationale de football. En dépit de ce rétropédalage, les critiques à l'encontre d'Infantino se poursuivent. Le patron de la Liga espagnole, Javier Tebas, a exigé sa démission. Les chroniqueurs débattent de l'avenir d'Infantino et de la FIFA.

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The Independent (GB) /

Recadré

Les jours d'Infantino à la tête de la FIFA pourraient être comptés, fait valoir The Independent :

«Sa tentative raté de transférer des parts de la Coupe du monde à une société commerciale – à un individu du reste étroitement lié à la famille Trump – va mettre un terme à sa carrière, et cela à juste titre. … La situation d'Infantino ressemble à celle d'un politique, dans un système démocratique, qui aurait perdu la confiance de son propre parti. … Il devra être remplacé, de préférence par un cadre issu du continent africain, susceptible de former un contrepoids politique à l'UEFA et à la CONCACAF. Il a perdu le soutien des fans et du vestiaire, et il ne lui reste plus d'autre choix que de s'en aller le plus dignement possible.»

Público (PT) /

Des destructions en règle

Público déplore une dérive majeure :

«La FIFA a agi avec la maladresse d'un éléphant, détruisant au passage la vaisselle, les liens émotionnels, les lois, les règles et les conventions. Au fil des décennies, de Havelange à Blatter en passant par Infantino, cette organisation est devenue le reflet parfait du mercantilisme, accumulant les accusations de corruption chronique lors de ses élections, faisant des concessions aux dictatures militaires ou éludant les violations manifestes des droits humains afin d'attribuer l'organisation des Mondiaux à des pays riches. … Il est devenu évident que pour Infantino, les procédures importent peu tant que l'objectif final est atteint : transformer le plus beau jeu de la planète en un produit financier.»

La Libre Belgique (BE) /

Un système remis en cause

La FIFA est à la croisée des chemins, assure La Libre Belgique :

«Depuis dix ans, Gianni Infantino a bâti son pouvoir sur une promesse : rompre avec les dérives de l'ère Blatter grâce à davantage de transparence et à une meilleure redistribution des richesses. C'est aujourd'hui précisément sur ces deux terrains qu'il est attaqué. Le procès est devenu politique. La question est désormais entre les mains des 211 fédérations appelées à élire le prochain président en mars 2027. Elles ne choisiront pas seulement un président. Elles décideront si la FIFA peut continuer à être gouvernée à coups de force. Ou si l'heure est venue d'en finir avec le système Infantino.»

Dagens Nyheter (SE) /

La cupidité ne disparait pas comme ça

Même avec un autre président, rien ne changerait à la FIFA, fait valoir Dagens Nyheter :

«Jusque-là, seul Victor Montagliani, président de la fédération CONCACAF [Amérique du Nord et Amérique centrale] s'est positionné. Le Canadien passe pour avoir de bonnes intentions, mais il est difficile de croire que la FIFA changera réellement. Ce sont des intérêts commerciaux considérables et l'avidité qui ont fait de la FIFA l'organisation vilipendée qu'elle est aujourd'hui. La possibilité de gagner de l'argent avec un sport qui semble ne jamais cesser de se développer ne disparaîtra pas d'elle-même, même si Infantino devait plier bagages.»