Une nouvelle escalade dans la guerre en Iran ?
Alors que l'accord-cadre de soixante jours entre les Etats-Unis et l'Iran a pris fin, la situation semble se tendre à nouveau. Trump a menacé Téhéran de guerre économique, indiquant vouloir punir tous les Etats commerçant avec l'Iran. Le président américain a vertement interpelé les dirigeants d'Oman. "On pulvérisera le pays à coup de bombe s'il se met en travers des Etats-Unis", a-t-il déclaré. De son côté, Téhéran a menacé d'attaquer les alliés des Etats-Unis.
Faute de pouvoir mordre, Trump aboie
Süddeutsche Zeitung explique la raison des menaces proférées contre le sultanat d'Oman :
«Trump entend donner à ses électeurs aux Etats-Unis le sentiment que la puissance militaire américaine, embourbée dans le détroit d'Ormuz, peut continuer à faire ce qu'elle veut. Mais ce n'est pas le cas. Derrière les menaces proférées contre Oman, il y a un constat amer. Disposant du contrôle d'Ormuz, Téhéran a les cartes en main. Pour conforter le contrôle de ce détroit si important pour l'approvisionnement énergétique de la planète, l'Iran doit s'assurer au plus vite le concours de ses voisins arabes – Saoudiens, Irakiens, Koweïtiens, Emiratis. Et surtout celui des Omanais, ses voisins sur la rive occidentale du détroit. Téhéran espère qu'à la fin de cette guerre, un système de sécurité collectif pourra voir le jour dans le Golfe. Les Etats-Unis, puissance garante de la sécurité des Arabes, en seraient exclus. … L'Iran aurait la suprématie dans le Golfe. Voilà pourquoi Trump aboie si fort.»
Un tapage peu efficace
Le quotidien Tages-Anzeiger croit déceler une posture désespérée :
«Donald Trump est un mauvais perdant. Les dirigeants de Téhéran l'ont compris depuis bien longtemps et en six mois de conflit, ils ont réussi avec brio à le mettre dans la panade sur le plan militaire et politique. Trump doit donc réévaluer le peu d'atouts qu'il a encore en jeu. Va-t-il trouver un as ou un joker ? Il n'y a pas eu de victoire écrasante par les airs. Le deal politique consistant à ouvrir le détroit d'Ormuz a fait flop. Contraindre économiquement la République islamique risque de prendre un certain temps et il n'est pas dit que l'issue soit favorable. Que faire dans ces cas-là ? Il ne reste qu'à semer la pagaille.»
L'Europe pourrait être prise pour cible
Večernji list se dit préoccupé :
«En cas de nouvelle escalade avec les Etats-Unis, l'Iran pourrait étendre le conflit bien au-delà au Proche-Orient, voire menacer directement l'Europe. … Téhéran envisage des attaques sur des cibles militaires américaines en Europe du Sud-Est. ... Au lieu de se limiter à des frappes contre les Etats-Unis au Proche-Orient, Téhéran serait susceptible de montrer à Washington que l'escalade pourrait frapper les alliés et les capacités militaires à des milliers de kilomètres de l'Iran. … L'Europe passerait d'observateur du conflit à un nouveau front.»