Comment réagir au vieillissement de la population européenne ?

En Europe, l'évolution de la courbe démographique et les changements sociétaux soulèvent des débats. La part des séniors sur la population totale croît tandis que celle des actifs baisse, ce qui pose un défi aux systèmes de retraite. Alors que la natalité chute, la possibilité de compenser par l'immigration le déséquilibre dans la pyramide des âges reste controversée.

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Neue Zürcher Zeitung (CH) /

Les retraites en fâcheuse posture

Une réforme des systèmes de retraite est incontournable, insiste Neue Zürcher Zeitung :

«Les retraites de la jeune génération ne seront garanties qu'à condition que celle-ci élève à son tour des enfants, condition trop rarement remplie. ... L'équation étant déséquilibrée, l'Etat est de plus en plus appelé à combler le déficit des caisses de retraite avec l'argent du contribuable. En Italie, les dépenses publiques dévolues aux retraites engloutissent déjà 16 pour cent du PIB annuel. Mais quasiment aucun gouvernement n'ose corriger le déséquilibre financier des caisses de retraite, par exemple en adossant l'âge de départ à la retraite à l'espérance de vie. De plus, alors que résonne un concert de lamentations sur la perte de compétitivité de l'Europe au niveau international, on oublie souvent de dire que la prévoyance retraite en est largement responsable en raison de la faible natalité. C'est un facteur de cause tabou en politique.»

To Vima (GR) /

Nous avons besoin des immigrés

Andreas Panagopoulos, rédacteur en chef de To Vima, propose l'analyse suivante :

«Quand un pays n'arrive plus à remplacer sa population active, il existe trois remèdes : stimuler les naissances (solution à long terme), accroître la part des séniors actifs (solution à moyen terme) et intégrer les migrants au marché du travail (à court terme). Dans la pratique, il faut actionner ces trois leviers. L'UE se penche d'ores et déjà sur trois outils essentiels : l'immigration, l'augmentation de la part des femmes sur le marché du travail et l'éducation. ... Un problème politique majeur se profile : une société vieillissante a besoin d'immigrés si elle veut maintenir sa compétitivité économique. Dans le même temps, plus l'électorat vieillit, plus il est sceptique vis-à-vis de l'immigration, quand il n'y est pas franchement opposé. C'est un des grands paradoxes démographiques de l'Europe.»

Denník Postoj (SK) /

Une jeunesse attirée par l'Europe de l'Ouest

Denník Postoj évoque des chiffres concernant la situation dans les PECO :

«Sur les 19 pays situés entre l'Estonie et la Bulgarie, seuls trois ont une population supérieure à celle qu'ils avaient après la chute du rideau de fer, il y a 35 ans : la République tchèque, la Slovaquie et le Monténégro. En revanche, une multitude de pays se sont vidés de plus d'un quart de leurs contingents. ... En 1990, l'âge moyen de la population se situait à 32 ans seulement. Aujourd'hui, il faut y ajouter dix ans tout rond. Nous rattrapons donc très rapidement les pays vieillissants d'Europe occidentale comme l'Italie et l'Espagne. ... L'accès au marché du travail de l'Europe occidentale et les conséquences des mutations économiques de ces trente dernières années ont entraîné un exode vers l'Ouest allant en sens unique. Les PECO ont ainsi perdu des millions de jeunes citoyens productifs au profit de l'Ouest.»

Portfolio (HU) /

La politique nataliste de Orbán n'a pas porté ses fruits

Les avantages fiscaux et les allocations familiales octroyés par les gouvernements Orbán n'ont pas inversé les tendances démographiques de la Hongrie, fait observer Portfolio :

«Les statistiques moroses montrent que les mesures conséquentes en matière de politique familiale prises ces dernières années se heurtent à leurs limites et qu'elles n'ont pas suffi à elles seules à compenser des facteurs sociétaux et économiques de nature structurelle. Citons par exemple le manque de perspectives, les difficultés à se loger ou encore à concilier vie professionnelle et vie familiale. Ces facteurs influencent considérablement la décision des Hongrois de fonder une famille ou d'y renoncer.»

Válasz Online (HU) /

Les chiens en passe de détrôner les enfants ?

Válasz Online fait état d'un plongeon statistique exceptionnel :

«L'explosion du nombre des chiens de compagnie va de pair avec le recul de la natalité et une hausse du ratio des personnes sans enfants. ... On ignore si les gens préfèrent les chiens aux enfants, et s'il y a un lien de cause à effet avec le recul des naissances. Si l'on en croit la recherche dans ce domaine, le chien comme ersatz d'enfant ne constitue pas une alternative à la reproduction humaine : dans le style de vie de la classe moyenne des Européens, le fait de se doter d'un animal de compagnie n'exclut pas celui d'avoir des enfants, un 'cumul des mandats' est possible. Les raisons de la popularité canine sont plus lourdes de sens, notamment le sentiment de solitude – un problème que la société devrait prendre au sérieux. »