Les 35 ans d'indépendance de l'Ukraine
L'Ukraine fête aujourd'hui les 35 ans de son indépendance. Trois jours après le putsch d'août 1991 à Moscou, le Parlement d'Ukraine, alors république soviétique, avait proclamé son indépendance. Même sans tenir compte de la guerre d'agression menée par la Russie, le chemin qui mène à la souveraineté et à des institutions d'Etat démocratiques reste et demeure semé d'embûches.
Des réformes amenées par des situations d'exception
35 ans après avoir accédé à son indépendance, l'Ukraine peut se targuer d'avancées impressionnantes, en dépit de méandres, fait valoir Ukraïnska Pravda :
«Après s'être affranchi du joug accablant d'une domination autoritaire, l'Etat encore convalescent a appris à voler de ses propres ailes. Il a transféré aux municipalités compétences et budgets, instauré des procédures transparentes d'adjudication de marchés, assaini le système bancaire et effectué une refonte totale de l'armée, transformant le pays que l'envahisseur avait trouvé en face de lui en 2014. … Il est vrai que chacune de ces évolutions n'a pas été impulsée par une volonté politique [émanant de l'Etat], mais est née en pleine rupture, sous la pression de l'Euromaïdan, du front, des partenaires européens et de la catastrophe.»
La tenue d'élections, une question de liberté
Les débats houleux sont constitutifs d'une démocratie, souligne Ilta-Sanomat :
«La journée de l'indépendance est assombrie par les frappes russes, mais aussi par de vives discussions qui ébranlent la classe politique. L'ancien ministre de la Défense Mikhaïlo Fedorov, limogé par Volodymyr Zelensky, préconise la tenue d'élections bien que le pays soit en guerre. Fedorov a par ailleurs abordé les thèmes délicats que sont la corruption des administrations et une caste au pouvoir qui récompense davantage la loyauté que la compétence. Remettre en cause la légitimité politique du président en pleine guerre n'est pas sans risques. D'un autre côté, soulever les questions difficiles illustre précisément ce pour quoi l'Ukraine se bat : la liberté et la démocratie.»
La souveraineté ne se protège pas toute seule
Sur NV, l'ex-commandant en chef de l'armée ukrainienne, Valeri Zaloujny, évoque les manquements de l'après-1991 :
«L'erreur la plus tragique de cette période a été de croire que notre liberté, acquise lors de soubresauts de l'histoire, se protégerait d'elle-même si elle était confrontée à de nouveaux soubresauts de l'histoire. Nous-mêmes - nous qui avions 18 ans en 1991 et croyions en l'élite de l'époque – avons dû payer cette erreur de notre propre sang en 2014. Quant à savoir s'il s'agissait véritablement d'une erreur ou bien seulement du dessein d'un individu, seule l'histoire nous le dira. Quoi qu'il en soit, le facteur X qui en a résulté, c'est qu'on a négligé la protection et la défense de l'Etat – et cela a rendu possible, au départ, cette grande guerre sanglante.»