Hongrie : une nouvelle instance pour l'après-Orbán
La Hongrie s'est dotée d'une nouvelle autorité anticorruption, l'Office de récupération et de protection des avoirs nationaux (NVVH). Ses enquêteurs sont chargés de récupérer les biens publics détournés sous l'ère Orbán et l'Office peut également engager des poursuites. Parmi les trois candidats à sa direction, le Parlement a choisi la politologue Anna Róza Unger.
Les électeurs ne sont pas si patients
Il pourrait être difficile de faire entendre des arguments rationnels, juge Magyar Hang :
«Lors de son audition, Unger a indiqué qu'il serait absurde de croire que des jugements définitifs puissent être rendus en six ans, tout en affirmant qu'un mandat de six ans peut suffire à dévoiler des dysfonctionnements et à les présenter devant la justice. Il s'agit d'une approche rationnelle et raisonnable. Mais après 16 ans de système Orbán, la société est-elle toujours aussi raisonnable et rationnelle ? … Tout citoyen qui a voté contre le Fidesz s'attend à ce que les enquêtes produisent rapidement des résultats, et à ce que, dans les prochains mois, le cliquetis des menottes devienne un bruit de fond quotidien.»
C'est l'intention qui compte
L'important est que l'élite politique prenne ce changement au sérieux, estime Népszava :
«Ce serait la condition préalable à toute véritable reconstruction du pays : en ne s'appropriant pas ce qui appartient aux autres, et en faisant en sorte que ce qui appartient à l'Etat sur le papier n'appartienne pas, dans les faits, aux élites en place. C'est ainsi que pourrait débuter un véritable changement de système, au regard duquel il importe finalement assez peu qu'Anna Unger, Nicholas Sárvári ou encore Miklós Ligeti occupe un poste de direction. L'essentiel est qu'il n'y ait derrière cela aucun accord de coulisses dépourvu de principes.»