La note souveraine grecque s'améliore

Deux agences de notation, Scope Ratings et Moody's Ratings, ont relevé ce week-end la note souveraine de la Grèce. Le pays, qui était au bord de la faillite il y a onze ans, pourra désormais emprunter à des taux d'intérêt plus faibles, ce qui bénéficiera aussi aux entreprises grecques. Le pays va-t-il vraiment mieux ?

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Proto Thema (GR) /

Une résilience renforcée

Il s'agit d'un développement très important, souligne Proto Thema :

«Le relèvement de la note à BBB+ ne signifie pas que la Grèce est désormais hors de danger. Cela signifie néanmoins que les agences de notation perçoivent une plus grande résilience dans le cheminement budgétaire du pays, avec une meilleure capacité à affronter les turbulences internationales, et à éviter de retomber dans les travers des crises passées. L'environnement international rend cette évolution plus significative encore. Lorsque les Etats cherchent des fonds pour financer des mesures de soutien et estomper les conséquences des crises, une meilleure note souveraine constitue un acquis précieux. Elle est susceptible de renforcer la confiance des marchés et d'apporter davantage de sécurité, à une époque où le coût des crédits reste un facteur crucial.»

Moneyreview (GR) /

Le pays n'est pas encore tiré d'affaire

La Grèce ne doit pas baisser la garde, prévient le portail Moneyreview :

«Selon les agences de notation, la nette amélioration des postes budgétaires, le désendettement rapide de l'Etat, le renforcement des investissements et les réformes se traduisent par une plus grande résilience de l'économie grecque. Mais le tableau n'est pas non plus idyllique. … La dette publique est toujours l'une des plus élevées de la zone euro, tandis que le potentiel de croissance, la productivité, les déséquilibres extérieurs et la pression démographique restent des défis majeurs. Le message des deux agences est dès lors double : la Grèce a fait du chemin depuis la crise, mais le maintien de la discipline budgétaire et la poursuite des réformes diront si l'amélioration de la note souveraine peut revêtir un caractère durable.»

Naftemporiki (GR) /

Sans impact sur la population

Les ménages grecs ne profitent pas vraiment de ces indicateurs positifs, objecte Naftemporiki :

«Le Premier ministre a jubilé, qualifiant la Grèce d''îlot de stabilité politique et économique'. … Mais s'il y a des données économiques qui 'performent' dans les graphiques et les rapports, il y a aussi des réalités 'incontournables', dont les Grecs font la douloureuse expérience, sans avoir à consulter des instituts étrangers. Il leur suffit d'aller au supermarché, de payer des loyers ou des crédits immobiliers très onéreux, de faire le plein à des prix inconcevables et de se préparer à geler l'hiver – le fuel atteignant presque 1,75 euro le litre, et le gaz à plus de 80 euros le mégawatt-heure sur le marché européen.»