Merz à Kyiv : un soutien sous les tirs
Lors d'un déplacement surprise à Kyiv, le chancelier allemand, Friedrich Merz, a promis d'autres aides à l'Ukraine : un milliard d'euros d'aide militaire et 350 millions pour le secteur énergétique. Pendant son séjour, dimanche, la Russie a de nouveau attaqué la capitale. La presse discute de l'importance de la visite et de la poursuite du soutien au pays.
Plus qu'un simple symbole
Ce voyage envoie un signal très fort, note Süddeutsche Zeitung :
«Merz tente de pérenniser le soutien de l'Allemagne à l'Ukraine – qu'il avait déjà affirmé la semaine dernière lors d'un discours programmatique en l'honneur de l'OTAN. Un soutien qui ne relève plus de l'évidence au sein de la population allemande, comme l'ont montré les résultats des scrutins en Saxe-Anhalt et en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, et ce malgré la menace bien réelle que représente la Russie. La visite à Kyiv est bien plus qu'un simple symbole politique : le chancelier allemand promet aussi de nouvelles aides militaires d'un montant d'un milliard d'euros, et le pays en a bien besoin à l'approche d'un cinquième hiver de guerre.»
Malmener la solidarité occidentale
Poutine n'hésite plus à cibler ouvertement les soutiens de Kyiv, commente Corriere della Sera :
«La stratégie est la suivante : sur le terrain, l'érosion lente et coûteuse de la situation dans des territoires que la Constitution russe considère déjà comme les siens, accélérée par le sentiment vague que 2027 pourrait être le moment du 'maintenant ou jamais', les finances publiques ne parvenant guère à soutenir l'effort encore pendant longtemps. Dans le ciel, une pression sur les villes, sur les ponts, sur l'énergie. Et un troisième niveau, psychologique celui-là : rendre le geste symbolique gênant, voire dangereux. Merz a apporté un milliard d'euros d'aides militaires et 350 millions d'euros pour le réseau électrique. Le Kremlin mise sur le fait qu'en Allemagne, où le chancelier est en difficulté, la photo de groupe lui coûtera plus que ce qu'elle est susceptible d'apporter à Kyiv.»
Le Kremlin veut provoquer un afflux de migrants
Dans un post Telegram relayé par le portail Ekho, le journaliste Dmitri Kolessev décortique la situation après les frappes russes sur des ponts à Kyiv :
«Dans un entretien, Volodymyr Zelensky a expliqué que la Russie suit désormais une nouvelle stratégie offensive, qui ignore de fait les règles de la guerre. Selon lui, l'objectif consiste à contraindre la population à fuir les villes ukrainiennes. Et à provoquer notamment une hausse des flux migratoires vers les pays de l'UE, où se développe un climat hostile aux migrants. Au Kremlin, on espère manifestement que cela contribuera à booster ces forces politiques européennes qui refusent de soutenir activement l'Ukraine.»