L'Europe face au danger militaire russe

Les autorités sont de plus en plus nombreuses à alerter sur le danger accru d'opérations militaires de la Russie contre l'Europe. Lundi, le Service allemand de renseignement (BND) a parlé d'un risque accru d'attaques hybrides par Moscou. Le ministre belge de la Défense, Theo Francken, a quant à lui évoqué "un hiver sombre" à venir, réclamant une meilleure défense contre les drones. Les services secrets danois misent sur une attaque militaire de portée limitée sur un pays de l'OTAN dans les prochains mois.

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Der Standard (AT) /

Désinformation et menaces

Moscou table sur l'intimidation, juge Der Standard :

«En réalité, cela fait longtemps que la Russie ne se contente plus de nous tenir en joue avec son arme la plus létale, elle a déjà appuyé sur la gâchette. Depuis des années, la désinformation qu'elle propage s'insinue dans les cerveaux de nombreux Européens, et y sème le doute quant à l'indépendance de l'Ukraine – comme si Moscou pouvait décider à la place de Kyiv qui peut diriger le pays et si celui-ci peut adhérer ou non à l'OTAN. Pire encore, la cinquième colonne de Moscou place agresseurs et victimes sur le même plan, et attise la crainte d'une Russie vindicative, qui pourrait aller jusqu'à frapper Berlin et Vienne si on continuait à la courroucer. ... Le calcul derrière cette posture est simple : les pays qui se sentent menacés y réfléchiront à deux fois avant d'envoyer des armes à l'Ukraine.»

Frankfurter Allgemeine Zeitung (DE) /

Poutine joue avec les traumatismes allemands

Les menaces militaires du président russe ont un effet redoutable en Allemagne, explique Frankfurter Allgemeine Zeitung :

«Contrairement à Poutine, qui voit la guerre comme un moyen d'arriver à ses fins politiques, les Allemands cherchent à l'éviter à tout prix. Les traumatismes de la Seconde Guerre mondiale et du IIIe Reich sont très enracinés et imprègnent l'opinion publique et les décisions de la politique de défense aujourd'hui encore. Les Allemands ne montrent pas une inclinaison particulière à défendre leur pays et ses alliés par les armes. … Par ailleurs, afin d'encourager les partis allemands qui réclament la fin du soutien à l'Ukraine, Poutine intensifie sa guerre 'hybride'. Le but est que les Allemands redoutent encore davantage la guerre et d'anéantir toute velléité de résistance, aussi faible soit elle actuellement.»

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Kirill Rogov (RU) /

Moscou cherche à profiter de sa supériorité militaire

Sur Facebook, le politologue Kirill Rogov met en garde contre les armes russes, qui pourraient selon lui mettre l'Europe en difficulté :

«Moscou a renforcé son arsenal d'armes offensives balistiques. … Ce développement accroît la menace pour l'Ukraine, mais aussi pour l'Europe, qui se retrouve elle aussi relativement démunie face à de telles attaques de missiles et de drones. Avec le temps, l'Europe mobilisera ses ressources et trouvera la parade à ce défi aérien. Mais c'est précisément ce facteur qui incite le Kremlin à profiter de cette 'fenêtre d'opportunité' pour mettre l'Europe à l'épreuve. Tout ceci risque donc d'accroître la probabilité d'une surenchère prochaine de la part du Kremlin sur le théâtre européen.»

Eesti Rahvusringhääling (ERR Online) (EE) /

Un danger majeur avant les Midterms

ERR se dit inquiet :

«Les armes nucléaires sont l'ultime recours pour la Russie. Celle-ci ne pourra venir à bout de l'Ukraine, et encore moins de l'Europe, en recourant à des armes conventionnelles. Mais elle déploiera des tactiques hybrides, comme le sabotage, les attentats, les immixtions électorales, etc. L'objectif consiste à intimider l'Europe au point qu'elle cesse de soutenir l'Ukraine, ou du moins qu'elle limite son soutien. Une phase très risquée nous attend. La Russie pourrait être tentée d'agir avant les élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Car ces dernières sont susceptibles de considérablement changer l'attitude plutôt tolérante de Washington vis-à-vis de la Russie.»

Delfi (EE) /

Déjouer les provocations frontalières

Selon des sources lettones, des individus armés auraient tenté mercredi de faire passer des migrants en Lettonie depuis le Bélarus. Des individus cagoulés seraient aussi entrés sur le territoire de l'UE et auraient endommagé des tableaux électriques et dérobé des caméras de surveillance. Delfi réclame une surveillance efficace des frontières lettones et estoniennes :

«De tels actes de guerre hybride sont coutumiers de la Russie de Poutine, qui veut poser des problèmes à l'Occident, soutien de l'Ukraine. Il lui suffit pour cela d'avoir recours à des éléments du crime organisé, dont le pouvoir bélarusse tolère tacitement les activités. … Nous devons consolider la frontière lettone, pour éviter que de telles provocations ne se reproduisent. Il s'agit aussi d'un avertissement lancé à l'Estonie, qui devra sécuriser sa frontière orientale. Celle-ci devra être transformée au plus vite en zone militaire protégée.»