Madrid : mort de Maricarmen, expulsée de son logement

Deux semaines après avoir été évincée de son domicile, l'octogénaire espagnole Maricarmen Abascal est décédée. Son sort avait provoqué une vague de protestations dans tout le pays contre la crise du logement. Une grève générale a été annoncée le 11 novembre. Pour la presse espagnole, Maricarmen est devenue un symbole.

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eldiario.es (ES) /

"Continuez de vous battre pour ce qui vous revient !"

Sur eldiario.es, l'auteur Isaac Rosa impute au "turbocapitalisme" la responsabilité de la mort de l'octogénaire :

«Maricarmen s'est retrouvée privée de sa maison, de son quartier, de son univers. Les êtres humains peuvent mourir de chagrin, de détresse, d'inquiétude. … Si Maricarmen n'avait pas été là, ceux qui cherchaient à l'expulser auraient obtenu bien plus tôt l'augmentation exponentielle du prix de son logement. Avec sa mort, ils ont désormais obtenu ce qu'ils voulaient. Le turbocapitalisme engloutit des quartiers et des familles entières. 'Continuez de vous battre pour ce qui vous revient', avait-elle déclaré le jour de son expulsion. Le souvenir de Maricarmen sera désormais omniprésent lors des manifestations, lors de la grève générale du 11 novembre, et à chaque fois qu'une expulsion pourra être stoppée.»

El País (ES) /

Elle a changé l'Espagne

Le legs de la locataire défunte est inestimable, écrit El País :

«Sans Maricarmen, il n'y aurait eu ni les campements organisés sur les places d'Espagne, ni les dizaines de milliers de manifestants. Sans Maricarmen, la classe politique ne se serait pas subitement mise à débattre et à rechercher réponses et solutions, le gouvernement n'aurait pas cherché, après huit ans au pouvoir, à adopter des décrets dans la hâte pour tenter d'empêcher de nouvelles expulsions. Sans Maricarmen, les élections n'auraient probablement pas été avancées au 29 novembre. Et sans elle, il est difficile d'imaginer qu'une grève générale aurait été convoquée pour le 11 novembre. … Le pays était en proie à un mécontentement latent qui transcendait les générations et les idéologies, mais il a fallu l'arrivée de cette femme fragile et démunie pour que les choses avancent. Au cours de ces deux semaines, l'Espagne a changé.»