Midterms : Trump sanctionné dans les urnes

Selon les dernières estimations, les démocrates ont remporté les élections de mi-mandat dans les deux chambres du Congrès. La presse s'interroge sur les raisons de la défaite cuisante des républicains, et se demande comment le président Trump réagira à ce nouvel équilibre des pouvoirs.

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NRC (NL) /

Un tsunami démocrate

NRC y voit une débâcle sans précédent pour les républicains :

«La série de défaites encaissée par les républicains mardi ne découle pas uniquement du faible taux de participation de leur électorat, traditionnellement très fidèle. Les démocrates ont mobilisé les électeurs qui avaient voté pour eux il y a deux ans ; mais il ont aussi séduit de nouveaux électeurs parmi les primo-votants, des électeurs mécontents qui s'étaient tournés vers Trump pour sanctionner les démocrates lors du dernier scrutin, mais certainement aussi des électeurs plus fidèles de Trump. Les républicains qu'il avait lui-même sélectionnés pour leur loyauté n'ont pas pu inverser la tendance : ils ont tous perdu.»

The Spectator (GB) /

Un pays uni contre le président

Les élections de mi-mandat ne sont pas un simple revers pour Trump, mais le reflet d'un rejet massif de sa politique, constate The Spectator :

«Dès qu'il aura mis le pied hors de la Maison-Blanche, on pourra lui coller l'étiquette de président le plus impopulaire de l'histoire des Etats-Unis. Ses droits de douane dévastateurs ont fait flamber l'inflation. Ses dépenses publiques et baisses d'impôts inconsidérées sont à l'origine d'un quart de la dette publique, qui a augmenté pour atteindre 40 000 milliards de dollars. Sa présidence est devenue synonyme d'abus de pouvoir. Sa dévotion vis-à-vis de Poutine a mis l'Ukraine, mais aussi l'OTAN en danger. Et avec sa guerre au Proche-Orient, qui contredit son propre credo 'America-First', il a empêtré les Etats-Unis dans un nouveau conflit à l'extérieur du pays.»

Novinky.cz (CZ) /

Trump a entraîné les républicains dans sa chute

Le président est responsable de la déroute des républicains au Congrès, commente Novinky :

«Trump a perdu son aura de visionnaire – celui qui est capable de mettre en place une politique innovante et plus proche du peuple. … Ces derniers 18 mois ont montré qu'il n'était pas parvenu à rendre sa grandeur à l'Amérique, mais au contraire à amoindrir son pouvoir. … Pour le prochain scrutin et ceux d'après, les républicains vont devoir se consolider et trouver un nouveau cap. Trump les tire vers le bas et il serait funeste de s'accrocher à lui. Il est donc probable que beaucoup d'entre eux le renient ces deux prochaines années.»

Delo (SI) /

Le mouvement MAGA sous pression

Delo commente :

«Il y a désormais le risque que ceux qu'il qualifie péjorativement de 'republicans in name only' (républicains de nom seulement), c'est-à-dire les conservateurs traditionnels, se retournent contre lui. Mais le mouvement MAGA pourrait aussi perdre en soutien au sein de la population. Comme Trump semble perdre de plus en plus son aura d'infaillibilité parmi ses partisans, c'est tout le mouvement MAGA qui est en jeu au final.»

La Repubblica (IT) /

Nouvelle ère du compromis ou nouveau cauchemar ?

La Repubblica se demande quelle sera la réaction de Trump sur le long terme :

«'Je suis entièrement disposé à accepter les résultats. Je collaborerai avec les démocrates, et ensemble, nous trouverons sûrement un moyen.' Voilà quels ont été les propos de Donald Trump en s'adressant au New York Times, suite à sa défaite incontestable aux élections de mi-mandat. Reste à savoir s'il tiendra promesse en s'assurant que les Etats-Unis ne subissent pas un nouveau traumatisme dans la veine de l'assaut mené sur le Capitole le 6 janvier 2021, et quels compromis il pourra accepter. L'Iran est l'un d'entre eux : il pourrait continuer à céder à la tentation d'user de la force militaire pour détourner l'attention du pays et de la planète.»

France Inter (FR) /

Un nouveau rapport de forces

Ce pourrait être l'amorce d'un nouvel ordre mondial, juge le chroniqueur Pierre Haski dans la matinale de France Inter :

«[Trump] n'en fera qu'à sa tête. Mais il risque d'être rattrapé par le poids des institutions dont il aura perdu le contrôle, et qui tenteront de faire respecter l'équilibre des pouvoirs, totalement ignoré depuis deux ans. Un Congrès entièrement démocrate aura la possibilité d'enquêter sur la corruption du premier cercle autour du président, sur les dysfonctionnements de Pete Hegseth au ministère de la Guerre, ou encore de batailler pour chaque dollar engagé dans une guerre sans fin, et sans but clair, en Iran ou de bloquer son rapprochement avec la Russie de Poutine. Que la défaite soit partielle ou totale, ce président a en tout cas échoué dans sa tentative d'imposer un ordre impérial américain au monde. Les partenaires comme les rivaux des Etats-Unis en tiendront compte eux aussi, et seront encouragés, comme l'a fait le Canada, à changer le rapport de forces.»