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L'influence humaine sur le climat, de Mojib Latif

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L'effet de serre anthropique

La température à la surface d'une planète privée d'atmosphère serait exclusivement déterminée par le calcul entre l'énergie solaire absorbée et le rayonnement de chaleur (infrarouge). Cette température à la surface terrestre aurait une valeur moyenne de 18° degrés Celsius. Même une atmosphère de pure oxygène et de pure azote, soit les composantes majeures de notre atmosphère (à environ 99%) ne changerait rien pour l'essentiel à cet état de fait. Par contre: certains gaz de très longue durée comme la vapeur d'eau et le dioxyde de carbone absorbent le dégagement de chaleur et émettent de leur côté un rayonnement à grande longueur d'onde. Ce qui entraîne un réchauffement supplémentaire de la surface terrestre. La température à la surface terrestre s'élève donc en valeur moyenne à quelque +15° Celsius. Cet effet de serre naturel est coresponsable de la vie sur la planète. Les gaz impliqués sont qualifiés de "gaz à effet de serre".

La concentration des gaz à effet de serre à très longue durée de vie augmente de façon systématique: des débuts de l'industrialisation au XVIIIe siècle jusque de nos jours d'en gros 30% pour le dioxyde de carbone (CO2), 120% pour le méthane (CH4) et environ 10% pour le peroxyde d'azote (N2O). S'en trouve déclenché un réchauffement supplémentaire sur la longue durée des basses couches de l'atmosphère et de la surface terrestre. Un effet de serre renforcé provoquant une transformation des précipitations, du système nuageux, de l'extension des banquises, des surfaces enneigées, du niveau de la mer et des phénomènes climatiques extrêmes, donc en fin de compte du climat en général. D'une importance particulière pour l'humanité, l'évolution possible de la statistique des phénomènes climatiques extrêmes, comme en témoignent clairement l'inondation de l'Elbe en 2002 et la sécheresse de l'été 2003 en Europe.

Mais les transformations en zone montagneuse peuvent prendre elles aussi des proportions dramatiques. Ce dont atteste surtout le recul des glaciers dans les Alpes: la perte est d'environ d'une moitié de volume par rapport à 1850. Ce recul des glaciers va se poursuivre. En cas de business as usual (BAU), si on n'adoptait pas des mesures destinées à modérer l'effet de serre anthropique, les glaciers alpins disparaîtront d'ici environ cinquante ans. De même pour les territoires/régions de permafrost où les sols restent gelés pratiquement toute l'année et ne connaissent qu'un dégel faible et superficiel pendant l'été. Les conséquences en montagne seraient incalculables, car le recul du permafrost pourrait mettre en péril la stabilité de zones montagneuses entières: avec de possibles glissements de haies et déplacements d'éboulis (avalanches de boues et de cailloux).

Conséquence du réchauffement planétaire, le niveau de la mer va monter: d'abord à cause de l'expansion thermique des mers; puis en raison de la fonte de la glace. L'expansion thermique peut faire monter le niveau de la mer de 80 cm d'ici 2100. Au cas où les grandes calottes glaciaires du Groenland ou de l'Antarctique fondraient, il faudrait s'attendre à des élévations nettement plus considérables. Si par exemple toute la calotte glaciaire du Groenland disparaissait le niveau de la mer monterait de sept mètres sur l'ensemble de la planète. Reste bien sûr que la stabilité des grandes carapaces glaciaires fait toujours l'objet de controverses entre climatologues.

Question insistante, celle des modifications du climat déjà avérées. En posant comme préalable que le climat réagit toujours aux stimulations extérieures avec un retard de quelques décennies. La valeur moyenne de la température planétaire accuse déjà une tendance évidente au réchauffement pendant les cent années qui précèdent, 2005 étant l'année la plus chaude depuis au moins mille ans. À partir d'autres analyses statistiques lesquelles reposent sur des modèles (méthodes de l'empreinte écologique), on peut affirmer que l'élévation des températures observée pour les décennies passée est très probablement imputable à l'homme. Certes, il y a toujours eu dans l'histoire des variations climatiques qui ne relevaient pas de l'activité humaine, par exemple la période chaude du Moyen Âge ou le petit âge glaciaire. Mais ces températures étaient nettement plus faibles, au moins à l'échelle de la planète, que les valeurs accusées ces dernières décennies.

Dans le dossier du réchauffement planétaire le rôle du soleil fait incessamment retour. Son rayonnement est soumis à des variations qui sont aussi à mettre en relation avec l'activité des taches solaires. Les évaluations sur les cent années passées révèlent une augmentation de la constante solaire: celle-ci est selon les estimations actuellement plus élevée de 0,25% qu'il y a un siècle. Des simulations modélisées montrent que l'augmentation en intensité de l'activité solaire sur les cent années qui précèdent peut expliquer partiellement le réchauffement, mais seulement à hauteur de 0,2° Celsius, soit à peu près un quart du total. Cette variabilité solaire ne saurait par contre être rendue responsable de l'élévation de 0,8% des températures. Le réchauffement est ici très largement de nature anthropique, imputable à l'homme. Il y a à cet égard consensus parmi les climatologues. Le poids de l'homme sur le climat est reconnu. Le problème n'est plus de savoir si l'homme influence le climat, mais dans quelle mesure nous pouvons encore réduire cette influence.

 

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