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10.10.2008

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Réflexions

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RÉFLEXIONS

Hírszerző - Hongrie | 02.10.2008

Tamáska Hitetlen sur la 'question tzigane' en Hongrie

Tamáska Hitetlen réfléchit dans un blog aux problèmes sociaux auxquels sont confrontés les Roms en Hongrie qui constituent la plus grande minorité ethnique du pays : "Quand nous entendons parler de misère sociale et culturelle, d'existence marginale et d'exclusion, c'est la minorité ethnique reconnaissable à ses traits, à sa gestuelle et à son langage qui vient inévitablement à l'esprit de la plupart des gens de ce pays. Au lieu de se confronter sérieusement à ce problème social complexe, on parle communément de la 'question tzigane'. J'entends sans cesse l'opinion ostensiblement raciste et ethnocentrique selon laquelle les Roms devraient régler leurs problèmes eux-mêmes et laisser enfin tranquille la société majoritaire – c'est-à-dire les non Roms. … Cette opinion est exprimée par des gens qui défendent habituellement l'idée que l'homme naît libre et que l'on ne peut le rendre responsable de ses origines. … Si un individu a la possibilité de s'émanciper d'une communauté [rom] qui constitue pour lui un fardeau, et qui lui fait subir, en tant que membre de celle-ci dans ce pays, préjudices et discriminations, il y a de grandes chances pour qu'il le fasse. " (02.10.2008)

Le Monde - France | 01.10.2008

Henri Weber sur la crise financière mondiale

Henri Weber, socialiste français et député européen, analyse dans le quotidien Le Monde les causes de la crise financière mondiale actuelle : "La cause première de la crise financière et économique que nous vivons est idéologique : à la fin des années 1970, l'idéologie libérale, longtemps discréditée et marginalisée après la Grande Dépression des années 1930, a fait un retour en force. ... La critique de la faillite de l'Etat et de sa bureaucratie l'a emporté sur la critique des carences du marché. Dans sa forme moderne, le néolibéralisme repose sur deux postulats : le premier affirme que le libre jeu des marchés permet la meilleure allocation des ressources et la croissance optimale de l'économie. Le second, que les marchés sont doués de capacités autorégulatrices qui rendent l'intervention de la puissance publique dans la vie économique, non seulement inutile, mais encore nuisible. ... Trente années de déréglementations, libéralisations, dérégulations, sous la houlette des Etats-Unis et des grandes multinationales, débouchent aujourd'hui sur la crise économique la plus grave que le capitalisme ait connue depuis 1929. ... Le mythe libéral des capacités autorégulatrices des marchés en a pris un coup [du fait de la crise actuelle]. Son corollaire de l'indispensable désengagement de l'Etat, aussi." (01.10.2008)

Kritika - Hongrie | 01.10.2008

La Russie sous Medvedev et Poutine

Dans le magazine mensuel Kritika, le sociologue Pál Tamás réfléchit au nouveau tandem russe formé par Dmitri Medvedev et Vladimir Poutine, et à la structure du pouvoir russe : "On peut voir en tout cas que le choix de Medvedev comme président n'a pas changé l'essence du système politique russe. Rien n'indique que Medvedev aurait renouvelé les mécanismes du pouvoir au niveau structurel. Le pouvoir centralisé créé par Poutine lors de son mandat se maintient à l'identique aujourd'hui et risque fort de persister longtemps encore. La personne de Medvedev elle-même correspond d'une part à un 'projet poutinien', d'autre part l'actuel président ne disposerait pas des instruments nécessaires même s'il voulait chambouler le système. Dans ce contexte, il est important de souligner que Poutine n'est pas simplement l'ancien initiateur du système existant, il est aussi son constructeur principal et d'une certaine façon aussi son "unité centrale", qui intègre tout et coordonne tout. Le rôle de Medvedev se limite ici à la seule représentation formelle du système. Et il semble qu'il en sera ainsi encore longtemps." (01.10.2008)

Helsingin Sanomat - Finlande | 01.10.2008

Antti Blåfield sur la théorie de la haine

Dans sa chronique publiée dans le quotidien Helsingin Sanomat, Antti Blåfield revient sur les deux  massacres survenus dans des écoles à Jokela et Kauhajoki, au cours desquels 20 personnes ont été tuées. "Nous nous trouvons en Finlande face à une nouvelle forme de violence interconnectée et reproduite. … La lutte contre celle-ci doit être l'une des priorités du travail de la police. … Pour cela, il faut créer les conditions nécessaires. … Chaque enfant a besoin de soutien, de protection et d'un espace suffisant pour pouvoir grandir. Et chaque enfant a besoin d'interlocuteurs adultes. On déplorait autrefois une éducation trop stricte qui privait les enfants d'amour-propre. Les experts parlent aujourd'hui du problème inverse. … Une enfance sûre ne garantit pas forcément un développement équilibré de la personnalité. … Auparavant, les individus harcelés détruisaient leur propre vie. Aujourd'hui, cette haine a trouvé une nouvelle voie. Le harcèlement moral est une forme omniprésente de violence. Par honte, les enfants victimes de harcèlement ont du mal à en parler. Et la majorité silencieuse permet l'acceptation du harcèlement." Au sujet d'un projet contre le harcèlement entrepris dans des écoles pilotes finlandaises, Blåfield écrit : "Les résultats sont bons jusque là. Si toutes les écoles du pays participaient au projet, les risques de harcèlement seraient réduits. … La leçon la plus importante est la responsabilité collective. … Nous avons [aussi] besoin d'argent, probablement de sommes importantes. Les familles et les écoles ont besoin des connaissances des spécialistes, de leur aide et de leur soutien." (01.10.2008)

Financial Times Deutschland - Allemagne | 30.09.2008

Andreas Theyssen sur l'euroscepticisme

Dans le quotidien Financial Times Deutschland, Andreas Theyssen demande aux Européens de s'investir plus fortement contre l'euroscepticisme. "Nous nous sommes habitués à voir l'euroscepticisme intégrer la pensée sociale dominante. Mais il y a désormais une nouvelle qualité : la phobie de l'UE devenue convenable, gagnante politiquement. Il faut à tout prix que nous ne nous habituions pas à celle-ci. En Autriche, le Parti au gouvernement SPÖ a remporté les élections suite à une campagne ouvertement hostile à l'UE. … En République tchèque, la phobie de Bruxelles du président Vaclav Klaus est légendaire. En Irlande, le milliardaire Declan Ganley a mené une campagne qui a donné lieu au vote négatif de ses compatriotes sur le traité constitutionnel européen ... et ainsi plongé toute l'Union dans la paralysie. Désormais, chaque ennemi de l'UE est disposé à s'unir aux forces hostiles à l'UE en République tchèque, Suède, France, Grande-Bretagne ou Pologne. Et que font les pro-européens ? Dans la mesure où ils ne sont pas complètement planqués, ils sont frappés d'immobilisme. Or il est temps de s'engager enfin pour l'Union européenne, l'un des projets politiques les plus fascinants des temps modernes. Il est temps d'arrêter enfin de porter un regard – indéniablement existant – sur les petits bureaucrates de Bruxelles et montrer ce que l'UE est vraiment. … L'UE a assurément besoin de réformes, mais elle est aussi un projet pour lequel il vaut la peine de se battre. C'est la raison pour laquelle les pro-européens ne doivent pas abandonner la scène aux Ganley, aux Klaus ou aux Haider." (30.09.2008)

Delo - Slovénie | 30.09.2008

Barbara Kramzar sur les élections législatives en Autriche

Le quotidien Delo voit dans la mise en exergue de l'identité autrichienne par les politiques avant les élections législatives le succès des partis populistes de droite : "De nombreux autrichiens redoutent peut-être réellement que l'identité autrichienne s'estompe en raison du nombre important d'immigrants. Surtout dans les grandes villes qui connaissent une augmentation des chiffres de la criminalité. Mais les politiques omettent de présenter tout cela sous son vrai jour et d'expliquer clairement aux électeurs que le système scolaire hostile aux immigrants est également responsable. ... Les Autrichiens préfèrent comparer les succès [économiques concomitants] avec les périodes où le succès économique n'avait pas encore été perturbé par la mondialisation, mais était resté à l'intérieur des frontières sécurisées de l'Etat pur et neutre sur le plan de la politique étrangère. ... Les politiques autrichiens ont échoué de façon catastrophique à expliquer au peuple que les temps avaient radicalement changé et que l'Etat suivait ces changements avec succès. Dans l'espoir de rallier de nombreuses voix, les partis de gauche comme de droite ont présenté les succès comme relevant de l'essence de l'Autriche et recherché des boucs émissaires des échecs du côté des immigrants, des Etats de l'Est et de l'UE. … Il est très probable que les partisans du nationalisme autrichien tentent de nouveau de le rendre présentable." (30.09.2008)

The Guardian - Royaume-Uni | 29.09.2008

Jon Cruddas sur le changement des conservateurs britanniques

Le député Labour, Jon Cruddas, analyse dans le quotidien The Guardian, le changement du parti conservateur et réclame de nouvelles réponses de la gauche : "[Le chef du parti conservateur David] Cameron a fait du thème de la 'Grande-Bretagne brisée' le point central de sa politique et a déclaré : 'Le plus grand défi des années 1970 et 1980 était la relance économique, celui de cette décennie et de la suivante sera la renaissance sociale'. Avec une brillante élaboration de la langue et de l'image, Cameron a changé le Parti conservateur en se saisissant de traditions paternalistes pour développer une politique moderne plus réfléchie. ... Malgré leur rhétorique pro-sociale, les nouveaux conservateurs ne s'attaqueront pas aux structures du pouvoir et aux privilèges qui faussent le développement économique et déterminent notre avenir à tous. Ils ne peuvent pas mordre la main qui les nourrit ; deux questions se trouvent au cœur de la politique. De quel type d'économie avons-nous besoin pour développer une bonne société ? Et quelle sorte d'Etat pourra le mieux répondre aux exigences de chacun ? Les nouveaux conservateurs n'ont aucune réponse crédible à donner à ces questions. L'avenir appartient à la gauche mais pour réussir avec succès, elle doit répondre de ses erreurs et renouer le lien avec les gens." (29.09.2008)

Trouw - Pays-Bas | 29.09.2008

Le meilleur modèle capitaliste d'Europe

Dans la crise financière actuelle, le quotidien Trouw estime que le modèle capitaliste rhénan ou européen est un meilleur modèle que l'anglo-saxon : "Le mauvais comportement américain est responsable de cette crise. Pendant des années, l'Etat aussi bien que les citoyens ont contracté des dettes absurdes, donnant l'impression que celles-ci ne devaient pas être remboursées. … Il existe une autre forme de capitalisme que l'on nomme capitalisme rhénan, car il règne dans les pays situés le long du Rhin. Ce capitalisme crée également une aisance financière en permettant la libre concurrence des entreprises sur les marchés avec toutefois plus de sécurités. … Les actionnaires ont ainsi de l'influence mais les salariés aussi. La structure de l'entreprise est également orientée vers le profit dans cette forme de capitalisme mais dans une perspective à long-terme. … Le lien entre marchés financiers et production n'est pas encore complètement rompu. Il y a en l'occurrence un Etat qui contrôle, ainsi qu'une banque centrale qui interdit les excès du système bancaire. La question est de savoir si cette forme de capitalisme constitue un idéal. En tout cas, les Américains et les Britanniques reconnaissent déjà qu'il y a une différence entre le capitalisme rhénan et le capitalisme anglo-saxon. Américains et Britanniques se sont par le passé régulièrement référés au prudent continent européen de façon méprisante. Nous sommes heureusement restés différents. Les Etats et les citoyens sont heureusement moins endettés qu'aux Etats-Unis. Nous savons heureusement désormais dans quelle direction nous devons continuer à nous développer pour créer de la richesse sans nous retrouver dans un casino." (29.09.2008)

Sme - Slovaquie | 26.09.2008

Ian Buruma sur les enseignements de Munich de 1938

En 1938, lors d'une conférence tenue à Munich, la Grande-Bretagne et la France ont toléré l'annexion des Sudètes par Hitler pour soi-disant préserver la paix. Les représentants de la Tchécoslovaquie n'étaient pas autorisés à participer à cette rencontre et se sont sentis trahis par leurs alliés. L'écrivain Ian Buruma, un anglo-néerlandais vivant aux Etats-Unis, demande dans une tribune parue dans le quotidien Sme quels enseignements l'Occident a tiré de la politique d'apaisement des Accords de Munich dont c'est le 70è anniversaire. "Après l'expérience de la Seconde Guerre mondiale, l'Europe de l'Ouest s'est volontairement rangée aux côtés du [Premier ministre britannique Arthur Neville Chamberlain] et a élaboré des institutions qui devaient permettre de rendre une nouvelle guerre inutile. Les Etats-Unis en ont tiré l'enseignement inverse et ont tenté dans le style de [Winston] Churchill de défendre la liberté partout - si nécessaire également en recourant à la force militaire. ... La sale besogne a toujours dû être effectuée par les Américains : en Yougoslavie, au Koweït, contre Saddam Hussein ou dans la conduite de la guerre contre le terrorisme. ... La diplomatie européenne ... a contribué à renforcer la démocratie dans l'Europe centrale et de l'Est et à intégrer ces pays dans l'UE. Mais les Européens sont-ils également prêts à mener une guerre dans l'intérêt des autres, par exemple en Géorgie ou en Ukraine? L'Europe doit décider si elle veut conserver son indépendance vis-à-vis des Etats-Unis ou développer ses propres ressources en matière de défense - et cela, avant qu'il ne soit trop tard." (26.09.2008)

La Vanguardia - Espagne | 25.09.2008

Klein critique la réaction à la crise financière

La critique du capitalisme Naomi Klein commente dans le quotidien La Vanguardia les plans de sauvetage avec lesquels la crise financière devrait être endiguée : "Quelle que soit l'importance des évènements de la semaine dernière, il ne faut pas croire les déclarations exagérées selon lesquelles la crise des marchés entraînera la mort du libre marché. … En période d'essor il est même utile de prêcher le laissez-faire puisqu'un Etat presque absent tolère la croissance des bulles spéculatives. Si celles-ci éclatent, cette idéologie devient un piège et on la range au placard, tandis que le 'grand gouvernement' accourt à l'aide. Mais que personne ne se trompe : l'idéologie sera ressortie dès que les actions de sauvetage seront achevées. Les dettes astronomiques que les citoyens accumulent pour sortir les spéculateurs de la mouise vont en majeure partie se transformer en une crise budgétaire, qui servira de prétexte à la réduction des aides sociales de l'Etat. Et on nous dira également que nos espoirs d'un avenir vert coûteront malheureusement trop d'argent. Ce que nous ne savons pas, c'est quelle sera la réaction de l'opinion publique." (25.09.2008)


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