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  Réforme de la justice en Pologne

  14 Débats

Les juges de la Cour suprême polonaise destitués par le gouvernement se sont tournés vers la Cour de justice de l'UE (CJUE). Ils continuent de refuser leur départ à la retraite anticipé, comme le prévoyait la réforme controversée de la justice polonaise adoptée par le gouvernement national-conservateur PiS. Un conflit à haut risque, selon les éditorialistes.

En raison de la réforme de la justice engagée en Pologne, un mandat d'arrêt européen émis par le pays ne devra plus être impérativement exécuté par les autres Etats de l'UE. Conformément à une décision prise par la Cour de justice de l'UE (CJUE) à Luxembourg, si un suspect risque une action en justice non équitable, les tribunaux d'autres pays peuvent décider de ne pas l'extrader vers la Pologne. Pour les commentateurs, il s'agit tout autant d'un soulagement que d'une catastrophe.

Après l'entrée en vigueur en Pologne, dans le cadre de la réforme de la justice, d'une loi obligeant 27 des 73 juges de la Cour Suprême à partir à la retraite, les intéressés se sont tout de même rendus sur leur lieu de travail mercredi. L'UE accuse la Pologne de "menacer systématiquement l'Etat de droit". Les journalistes redoutent un détricotage de la démocratie qui pourrait durablement porter préjudice à la Pologne et faire tâche d'huile ailleurs.

La Cour suprême d'Irlande a suspendu l'extradition d'un Polonais sous le coup d'un mandat d'arrêt européen pour trafic de stupéfiants. Sceptique quant à l'indépendance de la justice polonaise suite aux réformes engagées par le gouvernement du PiS à Varsovie, l'instance irlandaise s'est adressée à la Cour de justice de l'Union européenne. Quelles conséquences ce conflit peut-il avoir ?

La Commission européenne se prononcera aujourd'hui sur l'adoption de sanctions à l'encontre de la Pologne, comme le permet l'article 7 du traité de l'UE. Cette procédure a été déclenchée par la réforme de la justice, initiée par le parti PiS au pouvoir, et qui, de l'avis de nombreux observateurs européens, compromet le principe de séparation des pouvoirs. La Pologne risque de perdre son droit de vote au Conseil de l'UE.

Le chef de l'Etat polonais, Andrzej Duda, a présenté un projet alternatif à la réforme de la justice controversée initiée par le gouvernement ainsi qu'une révision constitutionnelle. Ces propositions limiteraient les compétences du gouvernement dans la nomination des juges, et en conféreraient davantage au président. Les commentateurs critiquent cette initiative et y voient pour certains une attaque visant le chef de file du PiS, Jarosław Kaczyński.

Le commissaire européen Frans Timmermans a vertement tancé le gouvernement polonais jeudi. Il a reproché à Varsovie son intransigeance absolue dans le litige déclenché par la réforme de la justice, et l'absence de volonté de dissiper les doutes de la Commission européenne. Cette critique a suscité des réactions indignées en Pologne. Explications des médias polonais.

On peut redouter une nouvelle escalade dans le litige portant sur la réforme de la justice polonaise. Varsovie a laissé expirer lundi le délai que lui avait fixé la Commission européenne sur cette question, indiquant que les critiques visant la réforme étaient sans fondement. Les journalistes européens s'inquiètent de la persistance de ce conflit.

Dans le litige portant sur la réforme de la justice controversée en Pologne, de nombreuses voix en Europe appellent à la fermeté et aux sanctions contre Varsovie. En Pologne, ces appels attisent un climat europhobe et germanophobe. Certains médias proches du PiS vont jusqu'à affirmer que l’Allemagne aurait financé la contestation des dernières semaines. Les commentateurs évoquent l'image de Berlin et de Bruxelles aux yeux des Polonais.

Le bras-de-fer autour de la réforme de la justice a aggravé le fossé déjà profond entre gouvernement et opposition en Pologne. La presse européenne s'interroge sur les évènements survenus dans le pays par le passé et susceptibles d'avoir généré la crise politique actuelle.

Deux jours après le veto du président polonais Andrzej Duda à deux des trois lois sur la réforme de la justice, la presse européenne continue de s'interroger sur ses motivations. Certains y voient une réussite des manifestants. Pour d'autres, le président reste et demeure la marionnette du chef du PiS, Jarosław Kaczyński.

Dans le bras de fer autour de la réforme de la justice promue par le PiS au pouvoir en Pologne, le président Andrzej Duda a menacé de mettre son veto - à la surprise générale. Il a indiqué qu'il ne signerait la loi relative à la nomination des juges à la Cour suprême que si sa proposition d'amendement était acceptée. L'affrontement relatif à l'indépendance de la justice polonaise entre ainsi dans une nouvelle phase, et monopolise l'attention des éditorialistes.

En Pologne, des milliers de personnes ont à nouveau manifesté ce week-end pour protester contre la réforme de la justice. Elles espèrent que le président du pays, Andrzej Duda, refusera de signer les nouvelles lois - comme il l'a également annoncé ce lundi. Les médias polonais s'étonnent de ce qu'un nombre aussi important de jeunes descendent dans les rues. Mais le clivage persiste parmi les éditorialistes quant à la perception de la contestation.

Sourd à toutes les sommations, le parti au pouvoir en Pologne PiS fait avancer la très controversée réforme de la justice qu'il a initiée. La Commission européenne a donc sévi en engageant une procédure d'infraction contre le pays. Si certains observateurs y voient une mesure justifiée face au torpillage de la démocratie, d'autres évoquent une ingérence indue de l'étranger.