Le Sénat roumain valide la réforme de la justice

Le Sénat roumain a adopté mardi la première de trois lois judiciaires controversées - les deux autres devant être examinées ce mercredi. Alors que les citoyens se mobilisent depuis des semaines contre ces lois, les juges et les procureurs viennent de rallier eux aussi le mouvement de protestation. Les médias roumains expliquent en quoi cette réforme fera obstacle au travail de la justice et se font peu d'illusions quant au succès de la contestation.

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Radio Europa Liberă (RO) /

La pression sur les juges et les procureurs s'intensifie

Le portail Europa Liberă explique en quoi la loi adoptée mardi compliquera le travail de la justice :

«Les modifications apportées au statut juridique des juges et des procureurs mécontente les deux professions. Car à partir de maintenant, ils seront tenus pour responsables des potentielles erreurs. Ils pourraient être contraints d'apporter des garanties financières personnelles, ce qui serait tout à fait exagéré - le règlement des dommages serait assumé par l'Etat dans un premier temps, puis celui-ci récupérerait la somme auprès des juges ou des procureurs concernés. Ces nouvelles mesures, si elles entraient en vigueur, exerceraient une nouvelle pression sur la justice et l'inciteraient à enquêter sur les actes de corruption en privilégiant la prudence à la rigueur.»

Blog republica.ro (RO) /

Seuls les sociaux-démocrates peuvent stopper Dragnea

Le journaliste Florin Negruțiu, du portail Republica, craint qu'il soit difficile désormais d'empêcher la réforme :

«Il est peu probable d'arriver à mettre le holà au PSD et à l'ALDE, d'autant plus qu'avec le soutien du parti magyar de Roumanie (UDMR), ils disposent d'une majorité confortable au Parlement. Les moyens de recours du président Klaus Iohannis sont limités. Il renverra les lois devant le Parlement, mais la majorité n'est pas obligée de changer la moindre virgule. La Cour constitutionnelle pourrait avoir son mot à dire, mais ce tribunal fait le jeu du PSD. On peut faire appel à la Commission de Venise, mais le PSD et l'ALDE ne sont pas tenus d'écouter qui que ce soit. ... Où est donc la solution ? Seul le PSD, hélas, peut l'apporter. C'est en interne uniquement qu'il est possible de faire obstacle au chef de file du parti, Liviu Dragnea.»