Annulation des élections au Kirghizistan suite à des émeutes

En raison de violentes échauffourées qui ont fait des centaines de blessés, les législatives kirghizes ont été annulées. Selon les premières estimations, quatre partis auraient été représentés au Parlement, trois d'entre eux étant proches du président Sooronbaï Jeenbekov, tandis que les grands partis d'opposition n'auraient pas franchi la barre fatidique des sept pour cent. L'OSCE a évoqué des témoignages crédibles de fraudes. Comment la situation peut-elle évoluer ?

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liga.net (UA) /

Recherchons président digne de la fonction

Bazarbaï Mambétov, ex-vice-Premier ministre du Kirghizistan, écrit sur liga.net :

«Le peuple kirghize avait été appelé aux urnes et à voter pour des listes. Ces listes avaient été établies par des oligarques, des fonctionnaires corrompus et des groupes de politiques organisés. ... Le 5 octobre, à la publication des résultats, des milliers de manifestants sont descendus dans les rues de Bichkek pour réclamer la démission des dirigeants et l'annulation du scrutin. Sur les 16 partis en lice, quatre seulement ont réussi à entrer au Parlement. Trois de ces partis entretiennent des liens étroits avec le président Sooronbaï Jeenbekov. ... Le défi essentiel et le plus difficile sera de trouver un président qui soit vraiment digne d'exercer cette fonction et qui soit en mesure de diriger la nation.»

Ekho Moskvy (RU) /

En l'occurence, pas d'ingérence extérieure

Si des facteurs multiples sont à l'origine de la révolution kirghize, ils sont majoritairement de nature interne au pays, constate Ekho Moskvy :

«Citons tout d'abord l'irresponsabilité des pouvoirs publics, qui n'ont pas su dissuader le parti au pouvoir d'instrumentaliser l'appareil d'Etat [pour s'arroger un avantage électoral] et un autre parti proche du pouvoir d'acheter des voix, dans une logique cynique. En face, il y a l'irresponsabilité des leaders des partis qui, n'ayant pas réussi à entrer au Parlement, ont appelé leurs soutiens à manifester et n'ont pas su contenir les troubles et le chaos dans leurs rangs, ce qui a abouti à un terrible pogrom au palais présidentiel. Aucune trace de révolution de couleur ou de fauteurs de trouble dépêchés par le ministère des Affaires étrangères des Etats-Unis. Pas plus que d'une prise d'influence turque ou chinoise, ou encore celle d'un 'Soros'.»