Le Parlement européen appelle à 'geler' Nord Stream 2

Après l'arrestation de l'opposant russe Alexeï Navalny, le Parlement européen a demandé la suspension du projet de gazoduc germano-russe en construction, Nord Stream 2. L'UE doit empêcher l'achèvement des travaux sans plus tarder, peut-on lire dans sa décision de jeudi. Les chroniqueurs appellent eux aussi à durcir les sanctions contre la Russie.

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Lrt (LT) /

Un commerce d'indulgences moderne

Tant que nous maintiendrons des projets comme Nord Stream 2, les autres sanctions ne serviront à rien, estime Lrt :

«Pourquoi donc sanctionner 30 fonctionnaires russes si, dans le même temps, on continue de construire le gazoduc Nord Stream en direction de l'Allemagne ? Que pourront bien changer de nouvelles sanctions symboliques si les banques européennes continuent de veiller sur les milliards des amis oligarques de Poutine et les ports du continent sur leurs yachts de luxe ? ... Les sanctions européennes contre la Russie de Poutine et le Bélarus de Loukachenko sont devenues au XXIe siècle ce que les indulgences du pape étaient au XVIe siècle. ... Des titres symboliques, qui servent à dédouaner des péchés à venir. Une pénitence plus faible encore que d'avoir à réciter trois 'Je vous salue Marie'.»

Frankfurter Allgemeine Zeitung (DE) /

L'obstination de Berlin est un signe de faiblesse

Dans le débat soulevé sur ce projet, l'Allemagne fait piètre figure, juge Frankfurter Allgemeine Zeitung :

«Avec l'administration Biden, on pourra parler plus facilement de ce désaccord et des compromis possibles qu'avec les hommes de Trump. Mais le chapitre Nord Stream ne sera plus un chapitre glorieux de la politique étrangère et de la politique énergétique allemande. Poutine, en revanche, se frottera les mains, car le projet a suscité une discorde maximale au sein de l'UE et de l'alliance transatlantique. Jusque-là, ni les sanctions américaines ni le fiel russe n'ont amené Berlin à envisager un abandon du projet. Certains y verront un signe de souveraineté nationale. On peut craindre cependant que le Kremlin y voit davantage la conséquence d'une dépendance sans issue.»