(© picture-alliance/Martin Bertrand)

  Europe - Etats-Unis

  12 Débats

La rencontre avec Poutine mercredi à Genève a marqué la dernière étape de la tournée européenne du président américain Joe Biden, véritable marathon ponctué des sommets de l'UE, du G7 et de l'OTAN, ainsi que de divers entretiens bilatéraux. Il en est clairement ressorti que les États-Unis de l'après-Trump cherchent à nouveau à renforcer leur coopération avec l'Europe, en vue notamment de mieux se positionner par rapport à la Chine. La presse européenne discute de la portée de ces efforts.

Dans le contentieux qui opposait l'UE et les Etats-Unis sur les subventions accordées aux groupes Boeing et Airbus, les deux parties ont trouvé un compromis : un gel, pour une durée initiale de cinq ans, des droits de douane qu'elles s'étaient imposés mutuellement. Elles désamorcent ainsi un de leurs conflits commerciaux les plus graves. Serait-il prématuré d'y voir le signe annonciateur d'une concorde plus générale ? Les avis divergent.

Réunis lundi à Bruxelles, les Etats de l'OTAN ont pour la première fois clairement pris position contre la Chine, qualifiée de "défi systémique". Le secrétaire général de l'alliance, Jens Stoltenberg, a toutefois tenu à indiquer qu'elle n'était ni une rivale ni une ennemie. Les chroniqueurs envisagent la situation dans la perspective de Pékin.

Le sommet du G7 qui devait avoir lieu en 2020 s'est tenu de vendredi à dimanche en Cornouailles. Les observateurs espéraient des décisions majeures en matière de protection climatique et de lutte contre la pandémie, d'autant qu'un accord avait été trouvé en amont sur l'imposition des sociétés. Des attentes déçues, de l'avis de la plupart des éditorialistes.

Dans le cadre de la Conférence de Munich sur la sécurité, le président Joe Biden a annoncé le retour des Etats-Unis sur la scène politique mondiale et la réactivation des anciennes alliances. En raison de la pandémie de coronavirus, la conférence s'est tenue dans un format allégé et intégralement en ligne. Les éditorialistes s'interrogent sur la position à adopter par l'Europe vis à vis des Etats-Unis, à plus forte raison sur fond de refroidissement croissant des rapports avec la Russie et la Chine.

Paris et Berlin sont en désaccord quant à l'orientation que doit prendre la politique de défense de l'Europe. Ils s'attendent tous deux à un désengagement des Etats-Unis, y compris sous l'administration de Joe Biden. Or tandis que Macron veut investir dans une Europe souveraine capable de se défendre sans OTAN et sans les Etats-Unis, la ministre allemande de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer, estime pour sa part que l'autonomie militaire européenne est une vue de l'esprit.

Après l'élection du démocrate Joe Biden aux Etats-Unis, l'heure est globalement au soulagement en Europe. Mais quelques heures seulement après le vote, l'UE a infligé des sanctions douanières aux Etats-Unis, signe que les intérêts transatlantiques continuent de diverger. Les éditorialistes examinent donc l'impact de la présidentielle américaine sur les relations internationales.

Les Etats-Unis entendent retirer d'Allemagne un quart de leurs troupes. La visioconférence des ministres des Affaires extérieures des pays de l'UE avec leur homologue américain, lundi, s'est terminée sans résultat. Merkel a récemment indiqué qu'en raison du Covid-19, elle ne participerait pas au sommet du G7 prévu en juin à Washington. Les relations transatlantiques entrent-elle dans une phase durable de glaciation ?

Le président français a suscité l'émoi en déclarant jeudi dernier, dans une interview à The Economist, que l'OTAN se trouvait en état de "mort cérébrale". Il a pointé l'absence de concertation dans les prises de décision stratégiques, et l'action "non coordonnée et belliciste " de la Turquie, pays membre de l'OTAN. Les chroniqueurs des PECO membres de l'OTAN se demandent si la France est le maillon faible de l'alliance militaire.

L'Organisation mondiale du commerce OMC autorise les Etats-Unis à imposer des droits de douane sur un volume annuel d'importations européennes se chiffrant à près de sept milliards d'euros en compensation des subventions illégales accordées à l'avionneur Airbus. Suite à cette décision, Washington a annoncé des sanctions douanières sur les avions, mais également sur les olives, le fromage et le whisky. Les éditorialistes évoquent des conséquences potentielles.

Depuis vendredi, certaines marchandises américaines importées dans l'UE sont désormais soumises à des droits de douane accrus. Le whisky, les jeans et les motos sont taxés davantage par l'Union, qui réagit ainsi aux taxes spéciales imposées par Donald Trump sur l'acier et l'aluminium européens. Des mesures approuvées par les éditorialistes, qui espèrent que le litige pourrait potentiellement faire avancer l'UE.

Lors de sa visite d'Etat aux Etats-Unis, le président français Emmanuel Macron a fait part de la volonté commune aux deux dirigeants d'aboutir à un nouvel accord avec l'Iran. Si la presse européenne est fascinée par les bonnes relations que Macron a su tisser avec Trump, cette connivence, justement, trouble certains journalistes.