Tchéquie : l'immunité pour Babiš et Okamura ?

En République tchèque, le Premier ministre, Andrej Babiš, et le président du Parlement, Tomio Okamura, seront probablement exempts de poursuites pénales. C'est la recommandation faite par le comité chargé des immunités à Prague. Lors d'un vote prévu au Parlement au mois de mars, la majorité gouvernementale confirmera probablement leur immunité aux deux politiques.

Ouvrir/fermer tous les articles
Hospodářské noviny (CZ) /

Un moyen de museler la justice

C'est de mauvais augure pour la justice, estime Hospodářské noviny :

«L'objectif de l'immunité est toujours d'éviter une poursuite de députés en raison de leurs positions politiques. … Mais il n'a jamais été question de protéger des politiques en raison de faits de droit commun comme des actes de violence, d'escroquerie ou de racisme. Babiš et Okamura sont justement accusés de tels faits : Babiš pour fraude présumée aux subventions européennes, Okamura pour incitation à la haine. … Le fait que des politiques puissants puissent faire l'objet de poursuites pénales n'est pas une carence de l'Etat de droit qui nécessiterait d'être corrigée par un vote au Parlement. C'est au contraire la preuve du bon fonctionnement de la justice. Les tentatives de Babiš et d'Okamura d'obtenir l'immunité ne sont rien d'autre qu'une volonté de museler la justice.»

Respekt (CZ) /

Une coalition de complices

Respekt commente :

«La décision permet à Babiš d'éviter formellement un jugement, alors qu'on sait qu'il a tenté de soustraire frauduleusement aux contribuables des millions de couronnes. Pour Okamura, la situation est plus complexe. On ignore quelle décision prendrait le tribunal. L'opinion publique est univoque : ses affiches électorales étaient racistes. … Babiš et Okamura ne sont pas poursuivis par la justice pour l'exercice de leur fonction, mais parce qu'ils cherchent à se soustraire à la justice. … Ceux qui voteront contre la levée de leur immunité seront complices de leurs actes.»