Iran : le fils d'Ali Khamenei désigné guide suprême
Mojtaba Khamenei a été nommé nouveau guide suprême de l'Iran. Son père et prédécesseur, l'ayatollah Ali Khamenei, a été tué le 28 février lors de frappes américano-israéliennes. Et Tsahal menace désormais d'éliminer le fils. Le président américain, Donald Trump, avait auparavant indiqué que la nomination de Mojtaba Khamenei était "inacceptable", et qu'un dirigeant désigné sans l'aval de Washington ne resterait "pas longtemps en poste".
Aucun relâchement en vue sous Mojtaba
Avec Mojtaba Khamenei, un faucon endurci prend les rênes de l'Iran, commente The Economist :
«Avant la guerre, certains se demandaient si Mojtaba pouvait devenir une version iranienne de Mohammed ben Salmane, le prince héritier d'Arabie saoudite, qui s'est soustrait au contrôle du clergé tout en désamorçant la confrontation avec Israël. Mais le meurtre de sa famille est susceptible d'avoir annihilé de tels espoirs. Les maîtres mots de Mojtaba devraient plutôt être paranoïa et vengeance. … Si tel était le cas, il pourrait préférer préserver l'hostilité témoignée par son père à l'égard d'Israël et des Etats-Unis, s'opposer à des réformes internes et renforcer le pouvoir des gardiens de la révolution.»
Trump devient une menace mondiale
Corriere della Sera s'inquiète de la revendication hégémonique exprimée par Trump vis-à-vis de l'Iran:
«L'écran de fumée de l'intervention humanitaire s'est dissipé. … La seule chose qui compte, c'est ce que désire le commandant en chef de la 'machine de guerre la plus puissante et la plus magnifique jamais vue'. … Des siècles d'éloges de la démocratie et de l'autodétermination des peuples mis au rebut. Six mots : je devrai choisir le nouveau dirigeant. L'unique condition irréfragable du nouvel Iran pour lui, c'est qu'il soit soumis – comme Delcy Rodriguez à Caracas ; comme devra l'être Cuba. Voilà le point qui doit inquiéter ses ennemis comme ses amis. Y a-t-il encore une force de dissuasion susceptible d'empêcher Trump de s'arroger ce qu'il désire ?»
Le plan de Washington est inopérant
Jutarnji list juge naïve la prétention de Trump de pouvoir choisir la gouvernance iranienne :
«Trump a ignoré les alertes émises par le National Intelligence Council. … Celui-ci a contesté le projet du président américain visant à éliminer rapidement la chaîne de commandement iranienne pour mettre en place à Téhéran une nouvelle gouvernance au goût de Trump. … A la différence de l'optimisme trumpien, les dirigeants religieux et militaires iraniens ont mis au point des protocoles pour garantir une continuité au pouvoir en cas d'assassinat de l'ayatollah Khamenei.»
Un régime que personne ne pleure
Seul un régime avec le soutien du peuple sera légitime, rappelle T24 :
«Une attaque grave et amorale sur l'Iran peut renforcer temporairement le régime. Mais tant que la perte de légitimité persistera, la tendance historique s'amplifiera. La violence peut préserver l'ordre, la peur imposer le silence, les menaces extérieures souder les élites. Mais à long terme, rien ne peut remplacer l'assentiment de la population. Voilà pourquoi le principe fondamental pour les dirigeants n'est pas la sécurité, mais la légitimité. La sécurité est le fruit de la légitimité, elle ne peut la remplacer. … Un régime que personne ne pleure ne peut exister.»
Téhéran table sur la lassitude et le chaos
Le régime joue la montre, écrit Diário de Notícias :
«L'Iran a compris que Trump était confronté à un problème intérieur : la guerre est particulièrement impopulaire auprès de la majorité des Américains, y compris de sa base MAGA. La stratégie iranienne consiste dès lors à gagner du temps, à propager le chaos dans la région et à tenter de propager le conflit aux Etats du golfe et à d'autres points sensibles de la Méditerranée. Dans le même temps, le régime tente d'infliger le plus grand nombre de pertes possibles aux forces américaines, conscient que même les pertes les plus infimes peuvent avoir une influence majeur sur l'opinion, qui en a assez des 'guerres éternelles' au Proche-Orient.»