Zelensky propose des négociations directes à Poutine
Dans une lettre ouverte publiée en ligne, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a proposé à son homologue russe, Vladimir Poutine, de mettre fin à la guerre par le biais de négociations directes. Il précise seulement que la rencontre ne pourra avoir lieu ni à Kyiv ni à Moscou, mais par exemple en Suisse. Poutine s'est dit prêt à un accord, sur la base des discussions qu'il a menées avec le président américain, Donald Trump, en Alaska.
Les destinataires : les élites russes et occidentales
Sur sa page Facebook, le journaliste Valeriy Pekar propose l'analyse suivante :
«La lettre n'est pas destinée à Poutine. Ses destinataires sont, d'une part, les élites occidentales, auxquelles elle assure que l'Ukraine est prête à mettre fin à la guerre, contrairement à la Russie, et qu'il faut pousser Moscou à changer de position. De l'autre, les élites russes, auxquelles elle indique qu'il est temps de songer à la suite. La société ukrainienne, la population russe et Poutine lui-même ne font pas partie des récipiendaires. Il s'agit d'une action réussie, associant une attaque militaire [contre Saint-Pétersbourg] à une offensive 'cognitive'.»
Un piège pour Moscou
Zelensky a anticipé dans son courrier le probable "niet" de Poutine, assure le politologue Viktor Chlintchak sur Facebook :
«Un piège a été tendu à Moscou dans cette lettre. Zelensky propose une issue, tout en sachant très bien que Poutine la rejettera. Mais ce rejet pourra alors être 'exposé' aux yeux de tous : Russes, Américains, Européens et habitants du 'Sud global'. Il pourra permettre de prouver que le problème n'est pas lié aux formats [des négociations de paix], comme certains l'affirment, mais plutôt au fait que Poutine n'est pas disposé à mettre fin à la guerre – sauf si celle-ci devait se solder par une défaite de l'Ukraine.»
Le chef du Kremlin n'est qu'un baratineur
Le courrier de Zelensky a fait mouche, constate le politologue Abbas Galliamov dans un post Telegram relayé par Ekho :
«Dès le début, on savait quel discours Poutine allait tenir à son arrivée au Forum [économique de Saint-Pétersbourg] : il allait raconter des bobards à propos de victoires russes sur le front et au niveau économique. Il suffisait donc à Zelensky de faire une simple déclaration factuelle devant la presse pour créer un contraste. … Et c'est ce qu'il a fait : il a envoyé une lettre ouverte à Poutine, en lui proposant une rencontre. Tout le monde sait maintenant que Zelensky est parfaitement sérieux, alors que Poutine n'est qu'un baratineur.»