Iran : le fils d'Ali Khamenei désigné guide suprême

Mojtaba Khamenei a été nommé nouveau guide suprême de l'Iran. Son père et prédécesseur, l'ayatollah Ali Khamenei, a été tué le 28 février lors de frappes américano-israéliennes. Et Tsahal menace désormais d'éliminer le fils. Le président américain, Donald Trump, avait auparavant indiqué que la nomination de Mojtaba Khamenei était "inacceptable", et qu'un dirigeant désigné sans l'aval de Washington ne resterait "pas longtemps en poste".

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Dnevnik (SI) /

Un signal clair

Il n'est pas surprenant que le conseil des experts ait opté pour Mojtaba, écrit Dnevnik :

«Le régime envoie un message clair : la République islamique, dont le cheminement a été déterminé par la direction de son père ces 37 dernières années, ne cèdera pas malgré la guerre. … La nomination de Mojtaba Khamenei souligne une orientation précise : le régime fera tout ce qui est en son pouvoir pour maintenir son hégémonie. On l'a vu en janvier, lorsque Trump avait annoncé pour la première fois que l'aide était en route : les dirigeants avaient donné l'ordre impitoyable d'ouvrir le feu sur les manifestants.»

Corriere della Sera (IT) /

Peu connu et en danger de mort

Mojtaba Khamenei reste dans l'ombre, relève Corriere della Sera :

«Le fils a été élu, mais il ne s'est pas encore montré. … La majorité des Iraniens ne connaissent même pas sa voix. Depuis des années, on parle de lui comme d'un homme de l'ombre, bras droit de son père, représentant des pasdarans, trésorier, architecte de la répression, mais on ne l'a encore jamais vu à la télévision. … Ses partisans devront attendre pour connaître le troisième guide suprême de la révolution. Le premier, l'ayatollah Khomeini, est mort dans son lit ; le deuxième, l'ayatollah Khamenei, a été tué le 28 février par des missiles israélo-américains. Le troisième, Mojtaba, risque de connaître le même sort.»

Krytyka Polityczna (PL) /

Israël et les Etats-Unis ne suivent pas les mêmes buts

Pour Krytyka Polityczna, Trump ne cherche pas le renouveau en Iran, juste quelqu'un susceptible de coopérer avec lui, comme au Venezuela :

«On parle d'une personnalité issue du cercle dominant, qui puisse prendre le contrôle de l'appareil d'Etat, y compris des forces armées, et serait disposé à coopérer avec Washington. En ce qui concerne l'Iran, les candidats envisagés pour reprendre les rênes ne sont plus légion. Ceux-ci meurent les uns après les autres sous les frappes israéliennes. Car l'Etat hébreu est opposé à un 'scénario vénézuélien' pour l'Iran. Il cherche à anéantir le régime, et non à le remplacer par une version 'light'.»

The Economist (GB) /

Aucun relâchement en vue sous Mojtaba

Avec Mojtaba Khamenei, un faucon endurci prend les rênes de l'Iran, commente The Economist :

«Avant la guerre, certains se demandaient si Mojtaba pouvait devenir une version iranienne de Mohammed ben Salmane, le prince héritier d'Arabie saoudite, qui s'est soustrait au contrôle du clergé tout en désamorçant la confrontation avec Israël. Mais le meurtre de sa famille est susceptible d'avoir annihilé de tels espoirs. Les maîtres mots de Mojtaba devraient plutôt être paranoïa et vengeance. … Si tel était le cas, il pourrait préférer préserver l'hostilité témoignée par son père à l'égard d'Israël et des Etats-Unis, s'opposer à des réformes internes et renforcer le pouvoir des gardiens de la révolution.»

Corriere della Sera (IT) /

Trump devient une menace mondiale

Corriere della Sera s'inquiète de la revendication hégémonique exprimée par Trump vis-à-vis de l'Iran:

«L'écran de fumée de l'intervention humanitaire s'est dissipé. … La seule chose qui compte, c'est ce que désire le commandant en chef de la 'machine de guerre la plus puissante et la plus magnifique jamais vue'. … Des siècles d'éloges de la démocratie et de l'autodétermination des peuples mis au rebut. Six mots : je devrai choisir le nouveau dirigeant. L'unique condition irréfragable du nouvel Iran pour lui, c'est qu'il soit soumis – comme Delcy Rodriguez à Caracas ; comme devra l'être Cuba. Voilà le point qui doit inquiéter ses ennemis comme ses amis. Y a-t-il encore une force de dissuasion susceptible d'empêcher Trump de s'arroger ce qu'il désire ?»

Jutarnji list (HR) /

Le plan de Washington est inopérant

Jutarnji list juge naïve la prétention de Trump de pouvoir choisir la gouvernance iranienne :

«Trump a ignoré les alertes émises par le National Intelligence Council. … Celui-ci a contesté le projet du président américain visant à éliminer rapidement la chaîne de commandement iranienne pour mettre en place à Téhéran une nouvelle gouvernance au goût de Trump. … A la différence de l'optimisme trumpien, les dirigeants religieux et militaires iraniens ont mis au point des protocoles pour garantir une continuité au pouvoir en cas d'assassinat de l'ayatollah Khamenei.»

T24 (TR) /

Un régime que personne ne pleure

Seul un régime avec le soutien du peuple sera légitime, rappelle T24 :

«Une attaque grave et amorale sur l'Iran peut renforcer temporairement le régime. Mais tant que la perte de légitimité persistera, la tendance historique s'amplifiera. La violence peut préserver l'ordre, la peur imposer le silence, les menaces extérieures souder les élites. Mais à long terme, rien ne peut remplacer l'assentiment de la population. Voilà pourquoi le principe fondamental pour les dirigeants n'est pas la sécurité, mais la légitimité. La sécurité est le fruit de la légitimité, elle ne peut la remplacer. … Un régime que personne ne pleure ne peut exister.»

Diário de Notícias (PT) /

Téhéran table sur la lassitude et le chaos

Le régime joue la montre, écrit Diário de Notícias :

«L'Iran a compris que Trump était confronté à un problème intérieur : la guerre est particulièrement impopulaire auprès de la majorité des Américains, y compris de sa base MAGA. La stratégie iranienne consiste dès lors à gagner du temps, à propager le chaos dans la région et à tenter de propager le conflit aux Etats du golfe et à d'autres points sensibles de la Méditerranée. Dans le même temps, le régime tente d'infliger le plus grand nombre de pertes possibles aux forces américaines, conscient que même les pertes les plus infimes peuvent avoir une influence majeur sur l'opinion, qui en a assez des 'guerres éternelles' au Proche-Orient.»