Réunion de la gauche internationale en Espagne
Lors d'une rencontre à Barcelone, des responsables politiques de gauche issus de plusieurs continents ont affirmé leur volonté commune de protéger la démocratie. Des chefs d'Etat et de gouvernement ainsi que des ministres de nombreux pays ont suivi l'invitation du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez et du président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva à la première réunion de la "Global Progressive Mobilisation" (GPM).
Insuffler de nouvelles idées
Reiner Wandler, correspondant du quotidien taz à Madrid, se dit impressionné :
«La réussite du Premier ministre Pedro Sánchez est éloquente : l'avenir appartient aux audacieux. … Avec cette rencontre des forces progressistes à Barcelone, Sánchez, figure incontournable de la gauche européenne depuis des années, réussit à créer un mouvement capable de contrer le fatalisme qu'inspire l'essor de tous les grands et petits Trump de ce monde. La droite ne l'emporte pas parce qu'elle est plus compétente, mais parce qu'elle a réussi à faire en sorte que le camp progressiste assiste aux événements de manière passive et sans nourrir de réflexion. La social-démocratie allemande ne peut qu'apprendre de Sánchez.»
Un manque de cohérence et de consensus
Dans El Periódico de Catalunya, la politologue Astrid Barrio pointe des contradictions dans la politique étrangère de Sánchez :
«La visite de Pedro Sánchez en Chine et le sommet à Barcelone [dans la même semaine] montrent des lignes d'action qui ne sont pas tout à fait cohérentes. … A Barcelone, le gouvernement s'est érigé en défenseur de la démocratie, du multilatéralisme et en opposant à Donald Trump. Pourtant, cette position n'est pas sans paradoxe, puisqu'elle inclut des gouvernements tels que le Mexique, peu enclins au compromis en matière de normes démocratiques. … De plus, un consensus interne et européen fait défaut. Tout cela nuit à la crédibilité [de Sánchez] et par conséquent à sa capacité d'exercer une influence réelle.»
Personne n'a le monopole de la démocratie
L'arrogance dessert la gauche, met en garde La Vanguardia :
«Il ne suffit pas d'agiter le chiffon rouge de l'extrême droite et de se fendre de diatribes contre Trump et compagnie. Il faut accepter que la situation actuelle est en grande partie le résultat d'erreurs propres et de l'adoption d'une posture de prétendue supériorité morale. Pour l'avenir, il est nécessaire de construire une alternative dont les modalités sont susceptibles de transformer la vie des personnes et de mobiliser les électeurs, ce qui n'est actuellement pas le cas. … Et la gauche ne peut pas s'arroger l'exclusivité de la défense de la démocratie, car celle-ci est notre affaire à tous, au-delà des idéologies.»