Tchéquie : l'audiovisuel public dans le collimateur
Le gouvernement de Prague a décidé de supprimer les redevances pour la télévision (ČT) et la radio (ČRo) publiques tchèques. Il prévoit de financer les médias publics par des dotations directes de l'Etat, qui seront plus faibles. L'opposition flaire une volonté du gouvernement de museler ces médias importants. Les chroniqueurs se montrent eux aussi très critiques.
Une volonté de prendre le contrôle
L'intention des dirigeants est claire et nette, selon Forum24 :
«Pour pouvoir contrôler la radio-télévision tchèque, le gouvernement se voit contraint de supprimer les redevances. Le contrôle de ses contenus en fait bien évidemment partie. Le député de la majorité Josef Nerušil a dit clairement ce que tout le monde redoutait : les émissions de la radio-télévision doivent dorénavant être à la botte du gouvernement.»
Une politique façon Orbán et Fico
Reflex met en garde :
«Le gouvernement Babiš va très loin en envisageant d''étatiser' dès cette année l'audiovisuel public. Apparemment, il ne s'agit que d'une simple formalité, ne portant aucunement atteinte à l'indépendance de la radio-télévision tchèque. Ce serait peut-être le cas si nous vivions en Scandinavie, mais pas dans un pays qui copie les modèles de gouvernance autoritaires de ses alliés européens Viktor Orbán et Robert Fico.»
Veut-on tolérer un regard critique ?
Dans tous les cas, la question de la structure choisie importe peu, fait valoir Népszava :
«La question essentielle est celle de la volonté de la classe politique. Le gouvernement est-il prêt à tolérer l'existence d'un audiovisuel public qui lui demande des comptes, voire qui le critique ou le démasque ? La seule certitude que l'on a [en Hongrie], c'est que ces 36 dernières années, il n'en n'a jamais voulu, ne l'a jamais toléré. … Si la réponse à la question est affirmative, les modalités de la structure choisie seront secondaires ; si elle est négative, celles-ci le seront d'autant plus.»