Crise gouvernementale majeure en Roumanie

La coalition quadripartite aux manettes en Roumanie a du plomb dans l'aile : lundi, les sociaux-démocrates du PSD, plus grand parti au gouvernement, ont retiré leur soutien au Premier ministre libéral, Ilie Bolojan, et l'ont appelé à démissionner en raison des réformes engagées et des mesures d'austérité. Le PSD a conditionné son maintien dans la coalition au départ de Bolojan. Celui-ci, qui entend rester en poste, reproche au PSD de se soustraire à ses responsabilités.

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Deutsche Welle (RO) /

Pas simple pour le président

Le service roumain de Deutsche Welle espère que le président assurera une médiation :

«La Roumanie risque de se retrouver dans l'impasse si le président, Nicușor Dan, ne parvient pas à trouver une issue à la crise avec les quatre partis pro-européens. Le PSD a indiqué qu'il était prêt à poursuivre le travail gouvernemental, mais avec un autre Premier ministre. La solution la plus simple pour Nicușor Dan serait donc de renoncer au chef du gouvernement, Ilie Bolojan. Or celui-ci bénéficie d'une forte côte de sympathie au sein de la population, et de nombreux citoyens sont descendus dans la rue pour lui apporter spontanément leur soutien.»

G4Media.ro (RO) /

Les sociaux-démocrates aiment rouler carosse

Sur G4Media.ro, le journaliste Dan Tăpălagă n'est pas étonné de voir les sociaux-démocrates prendre leurs distances des réformes engagées par le gouvernement :

«Le gouvernement précédent, composé du PSD et du PNL, avait laissé un pays endetté tout en freinant toute mesure de réforme douloureuse, mais nécessaire. … Le PSD sabote maintenant de nouveau l'abandon du modèle économique basé sur la consommation et alimenté par des emprunts externes. Tous les gouvernements PSD des dernières années ont fondé leur réussite politique sur ce modèle qui relève de la faillite : en profiter au détriment des autres.»

Ziarul Financiar (RO) /

Une lassitude politique grandissante

Pour le journal économique Ziarul Financiar, cela ne présage rien de bon :

«Vu la situation économique actuelle, une crise politique est la dernière chose dont nous avons besoin en ce moment, d'autant plus qu'elle aura pour seul effet de renforcer le courant souverainiste dans l'opposition : une lassitude grandissante face à la politique, aux partis, à la classe politique et au système politique actuel. Au vu du contexte et du commerce, les entreprises, mais aussi la population sont de plus en plus stressées. La menace d'une crise politique va augmenter leur stress, leur défiance et leur mauvais pressentiment quant à la situation actuelle.»