Hongrie : un fidèle d'Orbán veut céder ses entreprises à l'Etat

Un entrepreneur proche du Fidesz, Gyula Balásy, a proposé lundi de céder gratuitement ses entreprises des secteurs des médias, de la communication et de l'évènementiel, à l'Etat hongrois. Sous Viktor Orbán, celles-ci avaient obtenu de nombreux contrats publics, notamment pour des campagnes gouvernementales. Tandis que Balásy affirme vouloir garantir les postes de ses quelque 500 collaborateurs, la police enquête sur des allégations de détournement et de blanchiment.

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Gazeta Wyborcza (PL) /

Les profiteurs déjà sur la sellette

Gazeta Wyborcza fait part de son étonnement :

«Un homme d'affaires qui compte parmi les plus riches du pays et qui a fait fortune grâce à la propagande d'Etat sollicite le sauvetage de ses entreprises et se dit prêt à les céder à l'Etat. Les autorités enquêtent pour blanchiment d'argent. … Tout semble indiquer que les autorités, sans attendre l'avènement du nouveau pouvoir, ont déjà commencé à geler les actifs de ceux qui les ont potentiellement acquis de manière illégale sous Orbán. Magyar avait déjà annoncé pendant la campagne vouloir effectuer des contrôles et mettre en place une autorité visant à restituer les actifs qui appartenaient auparavant à l'Etat.»

Magyar Nemzet (HU) /

Une vindicte inacceptable

Le média pro-Fidesz Magyar Nemzet est convaincu que Balásy a été contraint de prendre cette mesure par des méthodes insidieuses :

«Ce qui se déroule devant nos yeux est inacceptable : sans autorisation judiciaire, on ruine et on intimide un grand entrepreneur, qui a fait son travail sur la base d'appel d'offres dûment remportées et sous le regard inquisiteur de l'ex-opposition. … Sur la chaîne Youtube d'un dirigeant qui n'a pas encore été nommé par le Parlement, Balásy a très vraisemblablement été contraint – encore une fois, sans autorisation des tribunaux, du Parquet ou de la police – de renoncer à ses entreprises et à sa fortune privée, afin d'apaiser la vindicte du chef de file de Tisza [Péter Magyar].»

Magyar Hang (HU) /

Répondre des mensonges

Les délits susceptibles d'être condamnés en justice ne sont pas les seuls répréhensibles, juge Magyar Hang :

«Il est aussi question ici de reproches que ni le Parquet ni les tribunaux ne pourront traiter. Il s'agit de la peur entretenue et du flot de mensonges que Balásy récuse aujourd'hui si ostensiblement. Dans la localité de Tiszabő [en Hongrie orientale], on a entendu il y a une semaine que les enfants avaient peur le 12 avril [jour du scrutin], en raison de la victoire du parti Tisza aux législatives. Or si les jeunes ont cru qu'ils devraient partir mourir à la guerre, on le doit essentiellement aux entreprises de Gyula Balásy.»

Sme (SK) /

Un avertissement aussi pour Fico

Les Slovaques auraient intérêt à suivre l'affaire de près, fait valoir Sme :

«Car la machine de propagande mise en place par Robert Fico ne sera pas non plus éternelle. Péter Magyar irritera surtout le Premier ministre slovaque par sa démarche : les actifs spoliés devront être restitués à l'Etat. Il montre ce faisant que la classe oligarchique bâtie par Orbán pendant des années, comme pilier du pouvoir économique, n'est pas invincible. Il va de soi que Magyar doit se conformer à la loi pour démanteler l'oligarchie et la machine propagandiste d'Orbán. … S'il parvenait toutefois à le faire, il est évident que ceux qui détournent les deniers de l'Etat en Slovaquie ne dormiront plus sur leurs deux oreilles.»