Chute du gouvernement roumain : quel impact ?

En Roumanie, le gouvernement du Premier ministre libéral, Ilie Bolojan, a été renversé par une motion de censure. Juste après, la devise du pays, le lei, a décroché vis-à-vis de l'euro et les taux des emprunts roumains sur les marchés a augmenté. Les agences de notation pourraient abaisser à nouveau la note souveraine du pays, et les fonds européens, conditionnés à l'adoption de réformes, pourraient être suspendus. La presse fait part de son inquiétude.

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Adevărul (RO) /

Une perte de confiance qui menace la société

L'agitation politique permanente soulève plusieurs problèmes, juge le conseiller en communication Cristian Retegan dans Adevărul :

«L'instabilité nuit à l'image du pays, mais génère aussi un problème économique, social et stratégique. … Le pire, néanmoins, c'est que l'on perd confiance – une confiance fondamentale, celle qu'une société doit avoir dans ses propres institutions pour pouvoir fonctionner. Les sondages attestent une perte constante de confiance dans le Parlement, le gouvernement, les partis – ce qui n'a rien d'étonnant. Comment avoir confiance dans un système qui prouve tous les quelques mois que les alliances sont éphémères, les principes négociables et que les promesses électorales ne valent que jusqu'à la première réunion gouvernementale ?»

România liberă (RO) /

Les fonds européens menacés

Pour România liberă, le temps presse :

«L'économie nécessite décisions rapides, prévoyance et cohérence. Mais la politique semble être prise dans le jeu des calculs partisans et des ambitions personnelles. La Roumanie perd de l'argent, mais elle perd aussi la confiance et peut-être la dernière grande opportunité de modernisation qui s'offre à elle, financée massivement par l'UE. Comme on en a déjà fait plusieurs fois l'expérience, ce ne sont pas ceux qui marchandent pour obtenir des postes et des majorités fragiles qui paient les pots cassés de cette paralysie, mais toute la société – via les hausses d'impôts, la perte d'investissements et une économie un peu plus fragilisée dans un monde déjà instable.»

Népszava (HU) /

Une digue qui se lézarde

La situation n'est pas de bon augure pour l'Europe, fait valoir Népszava :

«La chute du gouvernement Bolojan, sous l'effet d'une alliance entre sociaux-démocrates et extrême droite, ne marque pas seulement la fin d'une grande coalition démocratique qui assurait une stabilité fragile, elle lézarde aussi la digue qui avait été construite pour isoler l'extrême droite et contenir son essor, et pas qu'en Roumanie. Ce n'est pas la première fois qu'en Europe, des partis démocratiques votent de concert avec l'extrême droite sur une question donnée, et ce n'est pas non plus la première fois qu'ils s'allient à elle. … Mais aujourd'hui, le PSE ne bronche pas, et son groupe au Parlement européen soutient son membre roumain [le PSD], qui vient de franchir une ligne rouge.»