Fin du mandat du président de la Fed Jerome Powell
Après deux mandats, le président de la banque centrale américaine, Jerome Powell, quittera ses fonctions vendredi. Il laisse à la tête de la Fed un bilan contrasté. Ses détracteurs lui reprochent des erreurs, notamment dans la lutte contre l'inflation. Mais lorsque le président américain Donald Trump a menacé l'indépendance de la Fed, il a su résister avec fermeté. Kevin Warsh, le candidat soutenu par Trump, succédera à Powell.
Celui qui a tenu tête à Trump
L'Echo rend hommage au président sortant de la Fed, Jerome Powell, qu'il juge être un bon modèle pour son successeur :
«On retiendra finalement surtout de Jerome Powell qu'il est celui qui a osé tenir tête à Donald Trump pour maintenir l'indépendance et donc la crédibilité de la Fed. … Sa décision de rester au front dans ce contexte témoigne de sa pugnacité et de son sens aigu des responsabilités. L'indépendance de la Fed n'est pas une variable à prendre à la légère. Car de la crédibilité de la banque centrale américaine dépend la stabilité des marchés américains, mais aussi, vu leur poids, celle de l'ensemble de la finance mondiale. L'acte de bravoure du soldat Powell mérite en ce sens d'être salué. Gageons que son successeur, qui sera jugé sur pièce dès la prochaine réunion de la Fed fin juin, puisse s'en inspirer.»
Un récit héroïque à nuancer
Neue Zürcher Zeitung estime que la direction de la banque centrale est perfectible :
«L'histoire retiendra surtout de Jerome Powell, figure la plus puissante de la politique financière actuelle, qu'il a su résister à toutes les tentatives du président américain Donald Trump de pousser la Fed à abaisser ses taux directeurs. Ce récit héroïque n'est certes pas erroné, mais il est incomplet. Sous la direction de Powell, la Fed a également commis de lourdes erreurs, qui ont entamé la crédibilité et l'indépendance de l'institution. Si son successeur Kevin Warsh cherche à renforcer l'autonomie de la Fed, il devra faire davantage que simplement dire non à tout ce que Trump exigera de lui.»