Bilan du congrès des Allemands des Sudètes à Brno
Lors du week-end de la Pentecôte, les traditionnelles Journées des Sudètes se sont tenues dans la ville tchèque de Brno. Cette année, la réunion des Allemands expulsés de Tchéquie après 1945, intitulée "La vie entière est rencontre", était placée sous le signe de la réconciliation. Des protestations ont eu lieu pendant la rencontre, qui avait déjà fait l'objet de critiques en amont. Certains commentateurs tirent un constat positif.
La majorité a pleinement profité
Le chroniqueur Tomáš Lindner commente dans Respekt :
«Si certains visiteurs [sudètes] avaient l'impression d'être en terrain hostile, la grande majorité est passée outre [les contestations]. Tous ceux avec qui j'ai parlé m'ont dit avoir bien profité du week-end. La réalité à Brno ne correspondait pas au délire nationaliste fomenté par l'extrême droite ces dernières semaines sur les réseaux sociaux et qui avait conduit à une résolution parlementaire s'opposant à la rencontre à Brno, obtenue en raison de l'incapacité du Premier ministre Babiš à s'imposer sur cette question.»
Il est urgent d'interroger le passé
Le portail de la radio publique Český rozhlas souligne la nécessité d'un vrai travail mémoriel en Tchéquie :
«Il est compréhensible que la guerre ait entraîné des mesures de rétorsion terribles. Mais faut-il continuer à les nier, voire à les défendre ? Les Allemands ont reconnu leur passé nazi et ont présenté leurs excuses à tous – y compris à nous. Certains de nos politiques se sont également excusés auprès des Allemands, mais en tant que société, nous n'avons pas été capables de reconnaître les atrocités commises par nos ancêtres au lendemain de la fin de la guerre.»
Le symbole d'un projet européen de la paix
Frankfurter Allgemeine Zeitung ne tarit pas d'éloges :
«La rencontre a été rendue possible grâce à quelques Tchèques et Allemands qui ont œuvré patiemment pendant longtemps et contre moult contestations pour réconcilier les deux peuples. Ils ont été enclins à entendre des points de vue contraires, à reconnaître les erreurs de leur propre camp, à surmonter les réticences et les défiances, à percevoir non seulement leur propre souffrance, mais également celle des autres, sans pour autant les renvoyer dos à dos. … Ces Journées des Sudètes ne se limitent pas à ce rassemblement. Elles rappellent que l'intégration européenne est avant tout un grand projet de paix.»