Arménie : cap occidental ou orbite russe ?

Des élections législatives auront lieu en Arménie le 7 juin. Le Premier ministre, Nikol Pachinian, espère obtenir la confirmation de son cap pro-occidental. Jeudi, le président américain, Donald Trump, lui a apporté un "soutien total et illimité". De son côté, Moscou accroît la pression sur Erevan, en interdisant l'importation de certaines marchandises arméniennes et en menaçant de suspendre les livraisons de gaz.

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La Stampa (IT) /

Pourquoi Trump ne va pas dans le sens de Moscou

Le journal La Stampa explique quelles sont, selon lui, les raisons du soutien apporté par le président américain à Pachinian :

«Jusque-là, quand il y avait des scrutins en Europe de l'Est, Trump s'est presque toujours rangé du côté des souverainistes pro-kremlin : Viktor Orbán en Hongrie, les candidats d'extrême droite Călin Georgescu et George Simion en Roumanie, et les forces fidèles à Moscou en Moldavie, qui avaient tenté d'importer et d'assimiler le slogan MAGA ('Make Moldova Great Again'). Il en va autrement avec Pachinian. … Pour la première fois, Trump soutient un Premier ministre qui, après des années de dépendance vis-à-vis de la Russie, tente de rapprocher l'Arménie de l'UE. Trump n'est certes pas devenu subitement le champion de l'élargissement européen, mais ici, ses intérêts coïncident avec le recul de l'influence russe. … Trump parle de paix, de prospérité et d'accès à l'Asie centrale pour les firmes énergétiques américaines.»

Ria Nowosti (RU) /

Bientôt une simple province turque ?

L'agence d'Etat Ria Novosti prédit le déclin de l'Arménie si celle-ci se détournait de la Russie :

«L'intérêt témoigné par l'Occident à l'Arménie (notamment pour le rôle de celle-ci dans le jeu avec la Russie) s'estompera, tandis que la Russie restera présente – une voisine, certes, qui offre aussi un destin et une opportunité unique de préserver l'Etat arménien. … L'UE intégrera-t-elle l'Arménie ? Jamais – ce n'est qu'une mauvaise blague. Les Etats-Unis protégeront-ils le pays contre l'Azerbaïdjan ou la Turquie ? Encore moins. Si Erevan se détourne de Moscou, elle ne perdra pas seulement un marché et un partenaire économique, mais aussi son avenir. Un futur qu'elle sacrifiera pour mieux devenir une simple province du nouvel empire turc.»