Danemark : Frederiksen forme une nouvelle coalition

Une coalition quadripartite de centre-gauche, néanmoins dépourvue de majorité au Parlement, a vu le jour au Danemark. Après les législatives, les négociations et les tractations ont duré pendant deux mois. Le parti social-démocrate (SD) de Mette Frederiksen coopérera avec le Parti populaire socialiste (SF), la formation Radikale Venstre (RB, social-libérale) et les Modérés (M). Frederiksen entame ainsi son troisième mandat à la tête du gouvernement.

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taz, die tageszeitung (DE) /

Prêts aux compromis

Depuis un certain temps déjà, le Danemark a vu s'établir une culture de gouvernements minoritaires, salue le quotidien taz :

«Au Parlement danois cohabitent pas moins de onze autres partis [en plus de SD] avec des pourcentages allant de 2,6 à 11,6 pour cent. Et là aussi, naturellement, cela est considéré comme une situation de départ compliquée. … Tant qu'aucune majorité ne s'y oppose au Parlement, un gouvernement minoritaire est possible. Lors de ces négociations aussi, la notion de compromis a joué un rôle central. La nouvelle coalition de centre-gauche de Frederiksen, composée de quatre partis, est ainsi autorisée à démarrer le travail avec 82 sièges, là où le seuil magique de 90 aurait dû être atteint. La nouvelle coalition mise sur le soutien du parti de gauche Enhedslisten. Au Danemark, l'ampleur de la disposition au compromis s'observe aussi dans la capacité des Modérés à accepter une telle perspective.»

Forum24 (CZ) /

La nouvelle "dame de fer" européenne

Forum24 se réjouit du nouveau mandat de Mette Frederiksen :

«Sous son égide, les sociaux-démocrates ont obtenu aux élections du mois de mars moins de 22 pour cent des voix, soit leur pire résultat depuis le début du XXe siècle. Certains chroniqueurs ont estimé qu'elle s'était trop concentrée sur la politique étrangère pendant la campagne, au détriment des questions de politique intérieure. D'autres observateurs, en revanche, affirment que c'est en vertu de ses positions intègres et intransigeantes vis-à-vis de Trump et de Poutine que son parti l'a emporté à nouveau. … On dit que Frederiksen ressort renforcée de chaque crise. … L'Europe a fortement besoin de personnalités dirigeantes de son tonneau – notamment pour en inspirer d'autres.»

Berlingske (DK) /

Passer dans l'opposition aurait été préférable

Berlingske porte un regard critique sur l'action des sociaux-démocrates :

«Le gouvernement sera composé du Parti populaire socialiste, des Modérés, des radicaux [sociaux-libéraux] et 'bien entendu aussi des sociaux-démocrates', a souligné Mette Frederiksen. … Ce 'bien entendu' en dit long sur la vision du pouvoir de Frederiksen. … Même après un résultat électoral particulièrement mauvais pour les sociaux-démocrates et une poussée de l'extrême droite au Folketing, Frederiksen sera à nouveau Première ministre. Il aurait pourtant été bénéfique, aussi bien pour le Danemark que pour la perception que les sociaux-démocrates ont d'eux-mêmes, que le parti bascule dans l'opposition. … Cela n'a pas été le cas. Au moins ne s'agit-il pas, cette fois-ci, d'un gouvernement majoritaire absolu, susceptible de s'isoler complètement.»

Aftonbladet (SE) /

Un espoir à gauche

Des élections auront lieu en Suède à l'automne. Aftonbladet voit dans le nouveau gouvernement de centre-gauche au Danemark un exemple à suivre :

«Après des années de politique centriste, Frederiksen s'oriente désormais sur une base rouge-verte. Elle n'abandonne pas totalement le centre, mais elle signale que le pouvoir gouvernemental est assuré à gauche, et non à droite. On peut en tirer un enseignement clair pour la Suède. … Lorsque les électeurs des pays voisins sont confrontés à une période trouble, ils ne se tournent pas vers l'extrême droite, mais vers la social-démocratie. Un faisceau d'éléments tend à indiquer que la Suède sera le prochain pays nordique à suivre cet exemple.»