Scandale judiciaire en France après le meurtre d'une fillette

Le viol et le meurtre de Lyhanna, onze ans, provoquent une vague d'indignation en France. Bien que plusieurs procédures avaient été ouvertes par le passé contre son meurtrier présumé, la justice n'a rien fait. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a lancé en urgence l'examen de 70 000 dossiers de violences sexuelles sur mineurs.

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Le Temps (CH) /

Police et justice doivent changer d'approche

Le Temps voit dans cette affaire un échec structurel dans la lutte contre les violences sexuelles :

«[E]lle illustre le manque de prise au sérieux des plaintes pour viol. … C'est pour cela que l'on a croisé dans les mobilisations de ces derniers jours des figures dépassant largement le combat contre la pédocriminalité. … C'est aussi pour cela que l'affaire Lyhanna provoque une colère aussi forte et émotionnelle dans toute la population. … [L]es récupérations électoralistes et les appels à démissions ministérielles ne doivent pas détourner l'attention de la plus urgente des leçons à tirer : la justice et la police doivent changer leur manière de réagir aux signaux qui leur sont envoyés, la société l'exige.»

El País (ES) /

Un système qui réduit les victimes au silence

El País critique :

«Si le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, reconnaît que l'Etat a failli à l'égard de Lyhanna, il attribue cependant ce drame à des erreurs individuelles dans la chaîne hiérarchique. Une explication que viennent pourtant démentir les images de centaines de dossiers relatifs à des violences sexuelles sur mineurs qui s'entassent dans les tribunaux, tout comme les rapports alertant sur les dysfonctionnements et le manque de moyens, qui ont été ignorés par les autorités. … L'annonce du ministre, selon laquelle les 70 000 plaintes en cours concernant des mineurs seront intégralement examinées d'ici au 14 juillet, en dit long sur l'état de la justice française. … Mais surtout, elle révèle le fonctionnement d'un système qui semble conçu pour réduire les victimes au silence.»

Libération (FR) /

Un président deconnecté

Libération déplore la distance du président français :

«Sa seule parole audible en fin de semaine, en réaction à la mort de Lyhanna, aura été pour dire qu'il ne voulait pas entendre parler du manque de 'moyens'. Sa clé d'entrée dans le drame qui secoue le pays aura donc d'abord été budgétaire. Non pas que la question du budget de la justice ne se pose pas. Il a augmenté ces dernières années. … Bien sûr que ces questions doivent être posées. Mais ces seuls mots du chef de l'Etat sont aussi le signe d'une déconnexion avec le pays. … Avec tout simplement l'humeur du pays après un tel choc. Emmanuel Macron … a failli, et contribué à nourrir cette crise politique qui s'aggrave.»