Estonie : la loi sur le consentement adoptée
Le Parlement estonien a approuvé par 69 voix pour et 8 voix contre une révision majeure de l'approche des crimes sexuels dans le code pénal. En vertu du principe "seul un oui est un oui", tout rapport sexuel sans le consentement expresse de l'autre partie sera considéré comme un viol. Le droit estonien se conforme ainsi à la convention d'Istanbul sur la prévention des violences faites aux femmes.
Les victimes n'ont plus à se justifier
Sur le portail Delfi, Hannaliisa Uusmaa, spécialiste des questions liées à la prévention des violences sexuelles, se réjouit :
«Le sexe sans consentement est un viol. La responsabilité passe enfin de la victime à l'agresseur. La loi sur le consentement adoptée aujourd'hui contribue à mieux protéger les victimes de violences sexuelles, et envoie un message clair à la société : le droit de chaque personne sur son propre corps, le sentiment de sécurité et la dignité sont inaliénables. Trop de personnes ont été sommées d'expliquer, après un viol, pourquoi elles ne s'étaient pas défendues. Le système actuel est bâti depuis des décennies sur le principe selon lequel la victime doit dire 'non'. La victime doit justifier pourquoi elle n'a pas crié, pourquoi elle n'a pas pris la fuite, pourquoi elle n'a pas lutté.»
Même l'évidence a besoin de règles
Õhtuleht explique la nécessité de cette révision :
«A quoi servent les lois au fond ? Pourquoi faut-il encore préciser qu'il est interdit de s'approprier ce qui appartient à autrui contre sa volonté ? Malheureusement, la nature humaine cache aussi un côté sombre. La loi sur le consentement est nécessaire pour que, dans le domaine le plus intime qui soit, celui de son propre corps et de l'autodétermination sexuelle, les limites soient clairement établies. Elle rappelle un principe simple : tout rapport sexuel doit reposer sur un consentement libre et clairement exprimé. En outre, une fois que le consentement a été donné, cela ne signifie pas forcément qu'on accepte tout ce qui suivra.»