Roumanie : vers une reconnaissance de facto des unions civiles ?

La Chambre des députés roumaine a adopté avec les voix du PSD (social-démocrate) et du parti d'extrême droite AUR la "loi sur l'intégrité". Celle-ci stipule qu'à l'avenir, les conjoint·e·s de responsables politiques, marié·e·s ou non, devront déclarer leur patrimoine et leurs revenus. Jusqu'à présent, les couples vivant en union libre en Roumanie ne bénéficiaient d'aucune reconnaissance juridique.

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G4Media.ro (RO) /

Une initiative majeure – mais involontaire

Sur le site G4Media, le journaliste Dan Tăpălagă fait l'analyse suivante :

«Avec ces nouvelles règles d'intégrité, les défenseurs autoproclamés de la famille traditionnelle – les extrémistes du parti AUR –, ont, avec l'appui du PSD, fait un pas important dans le sens d'une reconnaissance des unions civiles. Bien sûr, ce n'était pas l'objectif visé. Leur intention était plutôt d'obliger Mirabela Grădinaru, la petite amie du président Nicușor Dan, de déclarer son patrimoine, et probablement d'obtenir la même chose de la partenaire du Premier ministre, Ilie Bolojan. … La Roumanie est certainement le dernier Etat membre de l'UE qui n'a pas encore reconnu les unions civiles, en raison de l'énorme pression exercée par l'Eglise orthodoxe.»

Cotidianul (RO) /

Deux poids deux mesures

Sur le site de Cotidianul, la journaliste Elena Crângașu écrit :

«Les responsables de l'AUR ne sont-ils pas justement ceux qui, depuis des années déjà, ressassent que les personnes sans 'famille' au sens du Code civil ne remplissent pas leur rôle essentiel dans la société ? Ceux et celles qui vivent en union libre ne bénéficient actuellement ni du régime de la communauté de biens, ni de droits liés à la retraite, ou d'un droit de regard dans les décisions médicales relatives à leur conjoint. … Mais lorsqu'il est question des déclarations de patrimoine, les couples vivant en union libre gagnent tout à coup en importance. Voilà un exemple édifiant de double-morale.»