Après dix ans de Brexit, quel bilan ?
Ce mardi, il y a dix ans jour pour jour, les Britanniques votaient pour la sortie de leur pays de l'UE. Depuis, six Premier ministres se sont succédé à Downing Street, qui accueillera bientôt son septième locataire. La presse européenne revient sur les évolutions auxquelles l'UE et le Royaume-Uni ont été sujets pendant cette période, et fait le bilan.
L'UE n'a pas besoin des Britanniques eurosceptiques
La Vanguardia se demande ce qu'il en est de l'UE sans les Britanniques :
«Nombre de décisions importantes, comme le fonds NextGeneration, le Green Deal européen ou la politique migratoire, n'auraient peut-être pas été soutenues par le Royaume-Uni, ou seulement à grand-peine. Le pays s'est déjà retiré des accords de Schengen et n'a pas introduit l'euro. Il a toujours appuyé l'Europe à contrecœur. … Si les choses étaient différentes et si les jeunes Britanniques étaient plus européistes, le Royaume-Uni serait un grand partenaire et renforcerait considérablement l'UE.»
Seule l'autodérision britannique fait défaut
L'Union a appris à vivre sans la Grande-Bretagne, constate The Economist :
«Les Vingt-Sept sont restés quasi tels quels, et ce à de nombreux égards. L'anglais s'est même imposé à Bruxelles comme lingua franca, et ce davantage qu'en 2016. … S'il fallait nommer l'impact le plus fort du Brexit sur l'Union, ce serait peut-être son moral. Au cours des quatre années de négociations sur le divorce, le bloc européen a pris l'ascendant sur la Grande-Bretagne à chaque étape. Cela lui a donné la confiance nécessaire pour surmonter les crises ultérieures, du Covid à l'Ukraine. L'autodérision des représentants britanniques au sein de l'UE manque cependant cruellement, y compris à leurs anciens adversaires idéologiques.»
L'Europe vire à l'extrême droite
Le Brexit a changé durablement le continent, analyse l'historien Andrew Knapp dans Le Monde :
«Le Brexit et le style de campagne qui l'a marqué ont déclenché, à l'échelle mondiale, une décennie d'avancées décisives de l'extrême droite. Celle-ci, désormais aux portes du pouvoir en France comme en Allemagne, et bien installée en Italie, devient aussi influente au sein d'une UE qui embrasse ses thématiques anti-immigration ou climatosceptiques. … A moins d'un sursaut, l'Europe vers laquelle les regards des Britanniques se tournent risque, lors de retrouvailles peu probables, d'être bien différente de celle qu'ils ont quittée il y a dix ans.»