Paix avec les Kurdes en Turquie : quelle feuille de route ?
Après une guerre civile qui a duré plus de 40 ans en Turquie, le PKK a symboliquement déposé les armes, en juillet 2025. Il est prévu que la réconciliation avec les Kurdes s'établisse sur une base légale : la loi-cadre annoncée pour le processus de paix est censée déterminer les modalités du désarmement, du retour et de la réinsertion des anciens combattants et des militants. Le président du Parlement, Numan Kurtulmuş, a appelé à la fraternité turco-kurde.
La confiance doit d'abord se gagner
Ce ne sont pas les belles formules qui scelleront le succès du processus de réconciliation, mais le sérieux avec lequel celui-ci sera mené, fait valoir le spécialiste des questions liées à la paix, Alpaslan Özerdem, sur le site Yetkin Report :
«Le Parlement peut adopter une loi ; l'Etat créer des institutions ; Öcalan lancer un appel ; le PKK annoncer son désarmement ; les responsables politiques parler de fraternité. Mais tout ceci ne débouchera pas sur une paix durable tant qu'on ne forgera pas la confiance au sein de la société. Le processus n'a plus besoin de déclarations, mais de mesures mutuellement vérifiables, de règles juridiques claires et d'une patiente élaboration de la confiance. Car s'il est chose facile de proclamer la fraternité, la confiance, elle, doit d'abord se gagner.»
L'Etat pourrait favoriser la paix
Habertürk se dit prudemment optimiste et envisage un effet pacifique au-delà même des frontières du pays :
«A la vue de ce processus, on peut avoir des doutes. Se soucier de l'avenir du pays n'est certainement pas une sensibilité qu'on peut se permettre de prendre à la légère. Mais en dépit de toutes les carences, la Turquie est suffisamment forte pour protéger ces sensibilités et, comme on le dit, faire preuve de bienveillance. … Si l'on privilégie de nouveaux angles d'approche, la clairvoyance et la compréhension, si l'on met le cap sur une Turquie et une région affranchies du terrorisme, et sur ce que cela peut nous apporter, alors il y a des raisons d'espérer, et la raison d'Etat pourrait se muer, dans toute la région, en une force créatrice de paix.»