Ceuta : un échec du gouvernement espagnol ?
A Ceuta, la situation reste catastrophique plus de trois semaines après le début de la crise : une grande partie des migrants est certes retournée au Maroc, mais les personnes restées sur place viennent à peine d'être placées dans des structures d'accueil, tandis qu'une partie des mineurs non accompagnés a été transférée vers la péninsule. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a convoqué le Conseil national de sécurité (CSN) pour coordonner la réponse à la crise.
Quand subordination rime avec inaptitude
El Mundo se demande pourquoi l'Etat espagnol réagit aussi lentement :
«Après un mois ou presque de vacances, le président convoque aujourd'hui le Conseil national de sécurité et un conseil des ministres afin de constituer un dispositif de commandement rattaché au ministre de la politique territoriale. … Ceuta compte encore 8 000 migrants, mais la police a bien du mal à les identifier. … C'est cet état chaotique auquel l'exécutif tente de mettre fin, à l'aide d'un plan d'aide financière et de la livraison de 45 000 vaccins. … L'impression d'être face à un Etat paralysé est due au fait que le gouvernement est débordé et prisonnier d'une politique d'apaisement, nourrissant ainsi le soupçon d'une certaine subordination vis-à-vis du Maroc.»
L'Europe a perdu la main
Exxpress expose la situation :
«Ceuta passe au révélateur les lacunes du système migratoire européen. Le premier problème est situé en amont des zones frontalières : l'Europe a délocalisé une part essentielle de la surveillance de ses frontières. … Fin juillet, les autorités marocaines ont lamentablement échoué. Pourtant, Rabat a donné la preuve mi-août qu'il pouvait en aller bien autrement : lors d'une nouvelle traversée, près de 300 migrants ont été arrêtés. Selon un diplomate de haut rang, plus de 20 000 agents de sécurité s'activent aux frontières. Ce qui met en évidence les carences de l'Europe : en déléguant la protection de ses frontières à un autre Etat, elle lui donne le pouvoir sur cette zone. C'est ainsi que l'Europe est devenue dépendante de voisins autoritaires.»