Sanctions contre la Russie : l'UE épargne deux oligarques

Les pays de l'UE se sont entendus à la dernière minute sur la prolongation des sanctions prises contre la Russie, visant près de 3 000 personnes physiques et morales, pour trois années supplémentaires. A l'initiative de la France et de la Slovaquie, les noms de deux oligarques, Alicher Ousmanov et Mikhaïl Fridman, ont été rayés de la liste. Une décision "honteuse et injustifiable", a déploré le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha.

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La Stampa (IT) /

Paris fait le jeu de Moscou

La France a agi contre ses alliés, déplore La Stampa :

«Derrière cette décision, il y a une histoire d'espionnage retentissante, dans laquelle la France, soi-disant championne de l'européisme, fait de facto le jeu de la Russie pour des raisons d''intérêt national'. Paris a fait du lobbying pour les deux milliardaires russes afin de faciliter la libération de deux ressortissants français qui avaient été arrêtés à Bakou, en Azerbaïdjan. Concrètement, Bakou, qui est bien disposée vis-à-vis de Poutine, a relâché les deux 'otages' français, et Paris s'est activée sur la scène européenne pour obtenir la levée des sanctions [visant les deux oligarques]. ... La France a ainsi annihilé la réticence des Etats baltes. Davantage un signe de petitesse que de 'grandeur'.»

Ekho (RU) /

L'argent prime sur les principes

Dans un post Telegram relayé par Ekho, la politique d'opposition Ioulia Navalnaïa fulmine :

«L'Europe n'a visiblement que faire de savoir si les Russes soutiennent ou non la guerre, s'ils sont liés d'amitié avec Poutine ou s'ils s'opposent à lui. Ce qui semble lui importer tout compte fait, ce sont les sommes d'argent qui figurent sur leurs comptes en banque. Mais pour ceux qui ont fui le pays, les choses sont bien différentes : on peut rejeter leur demande de visa, leur refuser l'ouverture d'un compte et leur mettre de nombreux bâtons dans les roues. … Merci à l'UE de nous rappeler une nouvelle fois qu'en politique, l'argent continue de compter davantage que les principes, et que le sort des individus lambda est souvent la dernière des priorités.»