Russie : un cas de peste en Sibérie ?
Une laborantine travaillant pour un institut de recherche sur la peste dans la ville russe d'Irkoutsk pourrait avoir succombé à une peste pneumonique. Plusieurs cliniques ont été mises en quarantaine suite à ce décès. Les autorités russes démentent qu'il s'agit d'un cas de peste et restent silencieuses. La presse s'interroge sur les risques d'infection, en réclamant plus de transparence.
La transparence pour empêcher la contamination
Le silence de la Russie dans cette affaire inquiète le quotidien Irish Independent :
«Si un agent laborantin a véritablement été contaminé en manipulant l'argent pathogène, il faut absolument s'interroger : comment la contamination a-t-elle pu se produire ? Quelle souche est concernée ? Quels dispositifs de sécurité n'ont pas fonctionné ? D'autres personnes ont-elles été exposées ? Il convient de répondre à ces questions rapidement et sans rien cacher. Pourtant, il semble qu'on ait cherché à restreindre les informations et à étouffer toute couverture médiathique. S'il s'agit d'une épidémie d'origine naturelle et sous contrôle, la transparence doit être à l'ordre du jour. Lorsque la Chine avait tenté de garder le silence sur le Covid, la maladie s'était propagée aux quatre coins de la planète.»
Une réaction suspecte
Hvg n'est pas convaincu par les explications de la Russie :
«A Irkoutsk, trois hôpitaux généraux, une clinique pour enfants et une maternité ont été mis en quarantaine pour une durée minimale de trois semaines. De plus, selon les rapports de la presse sur place, le personnel de l'institut de recherche sur la peste d'Irkoutsk n'a pas le droit de quitter les lieux. Or aucune infection n'a été détectée – du moins, c'est ce qu'on prétend. Cependant, les évènements de Tchernobyl nous ont appris qu'il ne fallait pas toujours croire les déclarations des autorités russes. Hypothèse étayée par la proposition d'une aide américaine [à la Russie] formulée par le président Donald Trump.»
Le risque d'épidémie est limité
Polityka cherche à rassurer :
«L'institut refuse de s'exprimer vis-à-vis des médias étrangers. Cela attise sûrement davantage l'inquiétude que l'incident en soi. Les épidémiologistes assurent que si la peste pneumonique est une maladie mortelle, elle ne se transmet pas aisément de l'homme à l'homme – il faut que l'agent infectieux soit fortement concentré pour qu'un individu soit contaminé à son contact. Il est possible, s'il s'agit vraiment de la peste, que d'autres personnes tombent malades. Le risque d'une épidémie à grande échelle semble circonscrit, les personnes contacts étant sous observation, et aucun autre cas n'ayant été constaté.»