Brexit : Burnham dénonce une ingérence russe

Dans un entretien, le Premier ministre britannique, Andy Burnham, a accusé la Russie d'ingérences lors du référendum sur le Brexit en 2016. Il n'a toutefois pas détaillé les modalités et l'impact de cette prise d'influence. "Il est important … d'aider les électeurs en Allemagne et en France à comprendre qu'une partie de cette dynamique politique est attisée par nos ennemis, à savoir la Russie", a-t-il prévenu.

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De Volkskrant (NL) /

Résister davantage aux manipulations

L'immixtion d'acteurs extérieurs est trop peu abordée par la classe politique, déplore De Volkskrant :

«On reproche souvent aux partis centristes traditionnels de ne plus avoir de programmes vraiment convaincants. Mais il faut peut-être se rendre compte que les partis modérés ont une marge de manœuvre très limitée dans l'espace public empoisonné qui est le nôtre, où les algorithmes des réseaux sociaux propagent de préférence l'indignation et la haine. Les entreprises technologiques américaines, auxquelles personne ne demande de comptes, déterminent en grande partie les règles du débat public et offrent par ailleurs à des pays comme la Russie un espace pour manipuler notre opinion publique. Il est incompréhensible qu'aussi peu de responsables politiques s'insurgent contre ce phénomène.»

The Daily Telegraph (GB) /

Le passé plutôt que l'avenir...

Pour The Daily Telegraph, les allégations de Burnham ne sont qu'un dérivatif :

«Par opportunisme politique, le Labour cherche à faire porter au Brexit le chapeau de sa mauvaise politique économique. Les propos impudents de Burnham ce week-end sur l'ingérence russe dans le référendum de 2016 auront aiguillonné les 'rejoiners' [partisans du retour dans l'UE] fanatiques, que le Labour entend reconquérir. Mais il ne faut pas minimiser l'audace de l'intervention du Premier ministre. Ce qui est ironique dans cette affaire, c'est qu'il prétend aspirer à mener un débat sur l'avenir du Royaume-Uni, mais que le seul moyen qu'il trouve pour le faire, c'est de réchauffer les violents débats du passé sur le Brexit.»

The Independent (GB) /

Revenir au cœur de l'Europe

Ces accusations sont l'occasion de relancer le débat sur un retour dans l'UE, estime The Independent :

«Des questions fondamentales et justifiées se posent désormais sur la façon de restaurer une relation plus stable et plus féconde. Faut-il renoncer à un référendum, un instrument qui s'était révélé traumatique et polarisant par le passé, et laisser la décision au résultat des prochaines législatives et à un nouveau Parlement ? Le Royaume-Uni devrait-il envisager une adhésion à l'euro ? … Burnham se tourne à raison vers la prochaine décennie et il est prêt à évoquer une autre voie vers l'avenir – une voie qui ramènera l'influence britannique au cœur de l'Europe, là où est sa place.»