Guerre en Ukraine : l'Europe doit-elle changer de cap ?

Alors que le président américain, Donald Trump, a conclu un accord sur le diesel avec le dirigeant russe, Vladimir Poutine, Bruxelles débat âprement pour s'accorder sur un nouveau paquet de sanctions contre Moscou. Dans l'UE, des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent contre l'aide à l'Ukraine. Les commentateurs discutent de la réponse que doit apporter l'Europe pour gérer au mieux cette situation.

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Politiken (DK) /

Difficile d'agir de concert dans ces conditions

Politiken voit dans la divergence des intérêts un frein à l'action :

«Lors des négociations du 21e paquet de sanctions de l'UE cet été, l'Allemagne s'était opposée à l'interdiction d'importer du colin d'Alaska en provenance de Russie. Pour quelle raison ? Parce qu'une telle restriction pourrait nuire à la production allemande de poisson pané et aux emplois du secteur. La Grèce, quant à elle, a fait en sorte que les compagnies maritimes grecques puissent continuer à transporter du gaz naturel liquéfié (GNL) russe vers des pays tiers, alors que son importation dans l'UE sera interdite à partir de l'année prochaine. ... L'Autriche, la France et l'Italie poursuivent d'autres intérêts particuliers, ce qui permet à Donald Trump de fustiger l'hypocrisie des Européens. Son attitude actuelle envers Poutine devrait pousser les Européens à réagir.»

Frankfurter Allgemeine Zeitung (DE) /

Ne pas négliger la lutte contre la corruption

Frankfurter Allgemeine Zeitung pointe du doigt le risque d'un désengagement de l'Allemagne :

«Le gouvernement ukrainien est en partie responsable de la réticence actuelle des Allemands à soutenir l'Ukraine. Car alors que cette dernière aspire à un rattachement rapide à l'UE, ses réformes sont à la traîne. Exiger des milliards alors même que les affaires de corruption se multiplient n'est pas très bien vu par les électeurs et les contribuables. … Or la Saxe-Anhalt nous donne un avant-goût du risque que représentent l'AfD et le BSW – parti proche de Moscou – une fois au pouvoir. Avant même la formation d'un gouvernement régional, une demande symbolique a été formulée par les deux partis contre les sanctions visant la Russie et contre l'aide à l'Ukraine.»

La Stampa (IT) /

Sévir davantage contre les pétroliers russes

La Stampa appelle l'Europe à monter au créneau :

«C'est dans le port [de Primorsk] que la majeure partie du diesel russe est chargé sur des pétroliers qui transitent ensuite dans la Baltique, passant près des côtes de pays de l'UE dans lesquels ces navires, désormais, sont généralement frappés de sanctions. Les pays de l'UE et le Royaume-Uni ont accru leurs contrôles depuis un an, et ils pourraient les renforcer un peu plus, en confisquant les navires de la flotte fantôme sous sanctions, et en cherchant des motifs spécifiques pour arraisonner les pétroliers non sanctionnés.»

Új Szó (SK) /

Reconsidérer notre position vis-à-vis de Moscou

Dans Új Szó, le journaliste Karol Lovaš déplore l'inefficacité des sanctions contre la Russie :

«Pendant qu'une statue caricaturant Trump était dévoilée au Parlement européen, le président des Etats-Unis a conclu un marché avec Poutine. Tel un authentique homme d'affaires qui agit dans son intérêt et dans celui du monde entier. Que fait l'Union européenne pour son bien et celui du monde ? Que fait-elle pour les Européens ? … Les sanctions, la guerre en Ukraine et nos erreurs de calcul, voilà ce qu'il nous reste. … Qui sera capable d'admettre que nous nous sommes fourvoyés en renonçant aux matières premières russes ? Quand reconnaîtrons-nous cette erreur ? Qu'avons-nous obtenu en sanctionnant la Russie, si ce n'est une dépendance existentielle vis-à-vis des Etats-Unis ?»