Grèce : l'ambassadrice américaine, Kimberly Guilfoyle, quitte son poste
L'ambassadrice des Etats-Unis à Athènes, Kimberly Guilfoyle, impliquée dans des scandales, a démissionné à la demande de Donald Trump. En Europe, ce sont surtout certaines allégations qui avaient généré un tollé : à Athènes, elle aurait affirmé à un ministre grec que Washington pouvait faire tomber des gouvernements de la région si ceux-ci refusaient d'acheter du gaz naturel liquéfié américain. Juste après ces propos, le gouvernement roumain du Premier ministre Ilie Bolojan avait été renversé.
Pour Trump, un facteur de risque
Avant des élections de mi-mandat qui s'annoncent critiques pour lui, le président américain ne pouvait se permettre un potentiel scandale, souligne To Vima :
«Il est vrai que Donald Trump mène la même politique, suivant pour boussole le profit économique des entreprises américaines, et agissant souvent à la limite de la légalité. Mais il n'a visiblement pas envie que ses fidèles soient pris la main dans le sac. Or c'est précisément ce qui semble s'être passé avec Guilfoyle, et ce plus d'une fois. C'est parce qu'elle appartient au noyau dur du mouvement MAGA qu'elle était devenue une source de gros titres négatifs pour le locataire de la Maison-Blanche.»
La fête est finie
Le portail News247 tend le miroir à la Grèce :
«Kimberly n'a pas participé à ces agapes sans y être invitée. … Nous l'avons traitée comme si Madonna était venu s'installer durablement à Athènes. Chacune de ces apparitions était un évènement mondain, chaque personne qu'elle rencontrait acquérait soudain un poids politique. Elle est donc arrivée dans un pays qui donnait l'impression de l'avoir toujours attendue. Les ministres tournaient autour d'elle comme des insectes autour d'une ampoule ; les journalistes étaient à l'affût de chacune de ses sorties mondaines ; les émissions de télévision discutaient de sa garde-robe, composée par un styliste excentrique. Pour Kimberly, tout était formidable. Comme pour un enfant qu'on aurait laisser vivre à Disneyland. Mais la fête est finie.»
Pas de vagues à Bucarest
Cette affaire n'aura probablement pas de répercussions politiques en Roumanie, déplore le journaliste Alex Livadaru sur le site republica.ro :
«Chez nous, chacun peut faire ce qu'il veut. Aucune pression ne s'exerce pour pousser un responsable à renoncer à son poste public ; aucun appel à la démission n'est assez fort pour être efficace. Sur une photo prise dans un restaurant du parc Herăstrău [à Bucarest], on aperçoit des politiques roumains, et même un conseiller du président, en compagnie de Guilfoyle. Le scandale à de graves conséquences aux Etats-Unis : l'ambassadrice américaine en Grèce a démissionné. Chez nous, ce n'est absolument pas le cas.»