République tchèque : débâcle électorale pour Babiš

Lors des élections sénatoriales et régionales en Tchéquie, le parti au pouvoir ANO du Premier ministre Andrej Babiš a essuyé une défaite. Il n'a réussi à conserver aucun siège au Sénat et a perdu des voix. Ce résultat est considéré comme un revers pour Babiš, qui s'était présenté avec des promesses électorales ambitieuses. La presse tchèque débat des causes et des conséquences de cet échec électoral.

Ouvrir/fermer tous les articles
Hospodářské noviny (CZ) /

Le paradis promis se fait attendre

Pour Hospodářské noviny, Andrej Babiš et ses alliés politiques ont échoué à tenir leurs promesses électorales :

«Les prix de l'essence ? Les taux hypothécaires ? Le niveau d'imposition ? Les restrictions budgétaires ? Tout est un peu différent de ce qui avait été promis. A priori certes, cela n'a rien d'inhabituel. … Le problème réside surtout dans l'ampleur des promesses. Quand on promet non pas de petites améliorations, mais carrément le paradis, il ne faut pas s'étonner que les partisans, pardon les 'électeurs', soient mécontents si les améliorations ne se concrétisent pas immédiatement. Tout cela montre clairement que le responsable de la défaite électorale cuisante du mouvement ANO… oui, c'est Andrej Babiš. C'est lui qui décide de tout. C'est lui qui définit la politique du mouvement. … C'est lui qui leur a promis quelque chose qu'il ne pouvait pas tenir.»

Echo24 (CZ) /

Une défaite certes, mais pas un déclin

Le résultat des élections est quelque peu trompeur, estime Echo24 :

«L'affaiblissement observé dans les villes régionales et le fait que l'ANO n'ait pu conserver aucune place au Sénat ne signifient pas que le principal mouvement au pouvoir soit sur le déclin, ni que l'ANO soit sur le point de perdre les élections parlementaires. ... Mais l'ANO et ses partenaires de coalition doivent faire face à un problème majeur, qui pourrait bien encore s'aggraver. Il s'avère que le niveau d'endettement inquiète réellement la population. Et que le gouvernement d'Andrej Babiš contracte des emprunts, pour la plupart inutiles, et gaspille des sommes colossales. ... Quand on ne remporte aucune des 27 circonscriptions électorales, c'est tout simplement un échec ; il ne sert à rien de se faire d'illusions, et Babiš l'a d'ailleurs clairement reconnu.»