Formation d'un nouveau gouvernement en Roumanie

Après trois tentatives infructueuses en vue de nommer un Premier ministre en Roumanie, Luca Nicolescu a finalement été élu chef du gouvernement mardi. Diplomate sans étiquette âgé de 55 ans, il a obtenu 280 voix pour au Parlement à Bucarest – et 58 députés ont voté contre lui. Il est désormais à la tête d'un gouvernement minoritaire. Le PSD (social-démocrate) détient douze portefeuilles ministériels sur dix-huit, les six restants revenant à des technocrates sans étiquette.

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Contributors (RO) /

Détourner l'attention et susciter l'émoi

Sur le site Contributors, l'expert politique Sorin Ioniță pense que le PSD au gouvernement misera sur les voix du parti d'extrême droite AUR :

«L'AUR sera officiellement dans l'opposition, mais il coopérera efficacement avec le PSD sur les questions politiques, au niveau des nominations et des projets de loi, à côté d'autres partis [d'extrême droite]. … Le PSD et l'AUR parlent quoi qu'il en soit un langage commun. Ils se plaisent à évoquer la souveraineté, les traditions, la famille ; ils attisent la défiance vis-à-vis de Bruxelles, critiquent l'Ukraine et Zelensky. Les discours sur l'identité et les valeurs sont une source d'émotions faciles, mais garanties ; ils mobilisent l'opinion publique et détournent l'attention des questions ennuyantes portant sur le déficit, les réformes et l'administration.»

Maszol (RO) /

D'autres alternatives pourraient se profiler

Le parti d'extrême droite AUR pourrait marquer le pas après le changement de gouvernement, estime Maszol :

«La nouvelle configuration est favorable à la démocratie roumaine, si tant est que celle-ci existe encore. Ce seront les partis PNL [libéral-conservateur] et USR [centriste] qui formeront l'opposition la plus marquée au cabinet Niculescu, et non l'AUR. A côté de George Simion [chef de file de l'AUR] et de ses alliés, une nouvelle alternative au gouvernement pourrait se former d'ici deux ans. Il serait pour cela nécessaire que la majorité des électeurs cessent de faire l'amalgame entre la politique d'austérité et la personne d'Ilie Bolojan – dans la mesure où celui-ci arrive à se maintenir à la tête du parti, en dépit du grand changement à venir.»