Midterms : une possible débâcle pour Trump ?
Le 3 novembre, les électeurs américains renouvèleront la Chambre des représentants et un tiers du Sénat. Les sondages n'excluent pas une victoire du Parti démocrate dans l'une, voire dans les deux chambres du Congrès, ce qui empêcherait Donald Trump d'avoir les coudées franches. Les commentateurs suivent donc le scrutin avec intérêt.
Les décrets sont déjà son modus operandi
Pour le spécialiste de civilisation américaine Maxim Soutchkov, qui prend la plume dans Kommersant, une défaite des républicains ne serait pas catastrophique pour Trump :
«Alors même qu'il dispose d'un Congrès qui lui est favorable, le président n'hésite pas à recourir aux décrets pour faire passer en force certaines décisions importantes : depuis janvier 2025, il en a adopté plus de 290. Bill Clinton n'a pas agi autrement : lorsque le Congrès n'allait pas dans son sens, c'est par ce biais qu'il gouvernait. Ainsi, en huit ans de mandat, 364 'executive orders' ont été signés. Pour les présidents, il est plus important d'obtenir des avantages politiques et de montrer une efficacité 'ici et maintenant' plutôt que de faire preuve d'intégrité. »
Un bilan peu reluisant
La plupart des promesses de Trump n'ont pas été tenues, peut-on lire sur le site Öt.hu :
«Contrairement à ce sur ce quoi il s'était engagé, le président n'a pas réussi à redresser l'économie, à réduire la dette publique, à rapatrier sur le sol américain la majorité de l'industrie délocalisée précédemment, sans parler de la paix dans le monde. Malgré ses promesses retentissantes, il n'a pas 'assaini le marais' de Washington. … Au contraire, on a surtout le sentiment que le président est lui-même devenu le grand chef de ce 'marais', dont les décisions imprévisibles et souvent irrationnelles n'ont fait que diviser un peu plus la société américaine et accentuer davantage la crise politique intérieure.»
Vers une fuite en avant
Les élections de mi-mandat pourraient rendre Trump plus imprévisible encore, prévient le politologue Dominykas Kaminskas dans IQ:
«Le Parti démocrate manque de vision et de personnalités qui se démarquent. … L'opposition à Trump est son seul ciment. … Quelle que soit leur issue, les élections de mi-mandat ne limiteront pas le pouvoir de Trump ; cette mise en difficulté aiguillonnera fortement le président américain et le rendra plus agressif encore. Pour la Lituanie et pour l'Europe, il sera donc crucial de s'assurer le soutien du Congrès américain.»
Une épreuve de force pour la démocratie
Trump pourrait ne pas reconnaître une défaite, s'inquiète le politologue Liudas Dapkus dans Delfi :
«A quoi s'attendre si les républicains perdaient le pouvoir à la Chambre des représentants ? Comment penser que Trump puisse reconnaître une telle issue au scrutin, sachant qu'il fait état de voix volés, de protocoles de vote truqués, et reproche à la commission électorale d'abriter des comploteurs ? ... Cette fois, le président dispose en outre de l'ensemble de l'appareil exécutif et d'un entourage politique à sa botte. … En 1993, le président Boris Eltsine avait réglé son différend avec le Parlement avec l'aide des chars. Si le président américain ne dispose certes pas de telles prérogatives, il pourrait avoir d'autres idées pour créer le chaos politique.»
L'Europe espère une accalmie
Ilta-Sanomat explique en quoi la victoire des démocrates serait bénéfique à l'UE :
«Ces dernières semaines, Trump a de nouveau fait des courbettes devant Poutine et mis en difficulté le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. … Une victoire des démocrates aux élections de mi-mandat permettrait au parti de freiner plus fortement la politique ukrainienne de Trump. Leur influence dépend de ce qu'ils pourraient remporter : la Chambre des représentants, le Sénat, ou les deux institutions. Les midterms ne pourront empêcher Trump de déterminer la politique étrangère des Etats-Unis, mais un certain enrayement serait déjà une bonne nouvelle pour l'Ukraine et l'Europe.»