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Réflexions

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RÉFLEXIONS

Le Monde - France | 10.05.2012

Les partis traditionnels perplexes face aux extrêmes

Les élections en France et en Grèce ont montré que les partis radicaux avaient de plus en plus le vent en poupe, écrit le quotidien de centre-gauche Le Monde, critiquant l'incapacité des partis traditionnels à enrayer cette évolution : "Qu'ils soient d'extrême droite, d'une gauche radicale qui conteste l'orientation actuelle de la politique européenne ou totalement à la marge du système, ces mouvements bousculent les formations traditionnelles, et en particulier les grands courants politiques qui ont pris en charge le projet européen depuis des décennies. Ils les bousculent d'autant plus que la crise économique et la question de la dette ont créé une problématique commune à l'ensemble du paysage politique européen. ... Le défi, pourtant, reste à relever : aucune institution, aucun mouvement à l'échelle européenne ne paraît en mesure aujourd'hui de répondre aux questions posées par ce front du refus. C'est un chantier auquel doivent s'atteler d'urgence les grands partis. " (10.05.2012)

De Standaard - Belgique | 09.05.2012

Hendrik Vos sur les progrès poussifs de l'Europe

S'il n'y a pas grand chose à célébrer en cette journée de l'Europe, celle-ci n'est pas encore perdue, estime le politologue Hendrik Vos dans le quotidien libéral De Standaard : "La politique européenne est coriace et rétive : dès qu'une décision est prise, elle est bloquée. D'autres décisions découlent de ce qui a été convenu en amont. On ne reprend jamais vraiment du début. Depuis un certain temps, l'Europe patauge dans le bourbier de la crise de l'euro. Un ânonnement minable, de sommet en sommet. Elle se bloque, gémit, grince, mais elle ne s'arrête pas et ne fait pas demi-tour. C'est ainsi que fonctionne la politique européenne. La liberté d'action complète n'existe pas mais des corrections sont possibles. Celles-ci sont également nécessaires, comme les derniers mois l'ont clairement montré. La vitesse à laquelle les dirigeants politiques sont destitués est incroyable. L'austérité ne permet pas de remporter des élections. Mais il est clair maintenant que la rigueur ne suffira pas à elle seule à sauver l'économie. L'Union ouvrira aux citoyens, en premier lieu aux Grecs, des perspectives." (09.05.2012)

La Repubblica - Italie | 09.05.2012

Seul le fédéralisme peut sauver l'euro

On ne pourra sauver l'euro qu'en instaurant un gouvernement économique européen qui soit légitimé démocratiquement, estiment les représentants du Mouvement Européen-International dans une tribune au quotidien de centre-gauche La Repubblica : "Si le scénario actuel continue, l'euro ne pourra pas disposer des moyens de résister aux tendances centrifuges et à la montée des discours populistes. Sa disparition ne sera plus qu'une question de temps. ... Un autre chemin de sortie est possible. Il consiste à compléter et adapter le traité de Lisbonne, notamment pour dépasser la simple coordination entre Etats membres, devenue insuffisante. ... Il faut donc ajouter une dimension parlementaire à ce processus : l'euro ne peut survivre sans avancée politique majeure. ... La survie de la zone euro passe par un gouvernement économique et un budget européen de croissance. Le fédéralisme est donc seul capable d'éviter les conséquences désastreuses de son effondrement sur notre niveau de vie. Il ouvrira la voie aux Européens vers une Europe juste, solidaire et démocratique, capable de tenir toute sa place dans le monde." (09.05.2012)

De Standaard - Belgique | 08.05.2012

Pour Peter Bursens, l'européen prend le pas sur le national

Les élections en France et en Grèce ont montré que l'européen prend le pas sur le national en Europe, estime le politologue Peter Bursens dans le quotidien libéral De Standaard : "L'Europe est (enfin) introduite dans l'arène politique nationale. … Les options sur le plan européen et leurs larges conséquences sur les décisions nationales mettront aussi un terme au cercle vicieux belge d'une attention injustement insignifiante portée à l'Europe. … Le génie est sorti de sa bouteille. Mais ce génie n'est pas obligatoirement méchant si tous les acteurs le traitent correctement. Les politiques, les médias et l'opinion publique pourraient enfin assumer les responsabilités qui leur incombent. … Cela peut amener les politiques à seulement promettre ce qu'ils peuvent accomplir au niveau où ils sont candidats, et le citoyen pourrait ainsi avoir une démocratie digne de ce nom." (08.05.2012)

Geopolitika - Lituanie | 07.05.2012

Vadim Volovoj pour des relations polono-lituaniennes plus lucides

Cela faisait longtemps que les relations polono-lituaniennes n'avaient pas été aussi mauvaises, ce qui incite le politologue Vadim Volovoj à réclamer, sur le site d'information Geopolitika, moins d'émotions et plus d'objectivité des deux côtés : "En bref, on peut dire que la situation est déplorable. Il est évident que la Pologne est un partenaire stratégique vital pour la Lituanie. … Le moment est donc vraiment venu de réfléchir sérieusement à la situation et de veiller à changer quelque chose. Les deux Etats entretiennent aujourd'hui des 'relations de travail' dans lesquelles on ne distingue aucune disposition à des réunions communes. La tendance laisse supposer qu'il en sera bientôt comme du dialogue entre la Lituanie et la Russie : des accusations réciproques, des résultats vraiment pas constructifs et aucune collaboration. … Que faire, donc, pour y remédier ? Il faut que les grands politiques des deux Etats se libèrent enfin d'émotions qui reposent sur des expériences historiques douloureuses, un orgueil national démesuré et d'autres considérations peu pragmatiques." (07.05.2012)

El País - Espagne | 07.05.2012

Gerhard Schröder veut plus d'Europe face à la mondialisation

L'Europe doit absolument poursuivre son processus de développement et d'union politique, estime l'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder dans une tribune au quotidien de centre-gauche El País : "La Commission européenne doit devenir un gouvernement élu par le Parlement européen. Le Conseil européen doit abandonner du pouvoir et devenir une chambre dotée de fonctions similaires à celles que possède par exemple le Bundesrat en Allemagne. Le Parlement européen doit avoir plus d'influence. A l'avenir, il faudra pouvoir voter à partir de listes paneuropéennes des partis, dont les têtes de liste pourront être élues à la présidence de la Commission européenne. … Je crois que le temps est venu qu'un noyau de pays favorables à l'intégration élabore une nouvelle constitution pour façonner l'avenir de l'Europe. … En raison de la concurrence internationale sur les plans politique et économique, la seule chance du continent réside dans son union. Car un Etat-nation isolé, même s'il est aussi puissant que l'Allemagne, restera trop faible. Entre les grands pôles de pouvoir que sont les Etats-Unis et la Chine, nous ne pourrons exister qu'en poursuivant la voie de l'intégration sociale, économique, culturelle et politique qui sert d'exemple à d'autres régions. L'européanisation est la réponse rationnelle à la mondialisation." (07.05.2012)

Die Zeit - Allemagne | 03.05.2012

Bernd Ulrich sur la logique électorale insidieuse en Europe

L'Europe est à la veille d'un super dimanche électoral avec les élections en France et en Grèce le 6 mai. Des élections aux Pays-Bas suivront après la pause estivale et l'Allemagne se rendra aux urnes l'année prochaine. Dans chaque cas, la politique européenne de la chancelière Angela Merkel est au programme des élections, ce qui amène Bernd Ulrich, responsable de la rubrique politique de l'hebdomadaire libéral Die Zeit, à réfléchir sur le mode de scrutin : "Au regard de telles conséquences transfrontalières massives, on pourrait théoriquement se demander pour quelle raison les électeurs allemands ne pourraient pas participer quelque peu aux élections des Pays-Bas et de la France, peut-être avec un cinquième des voix ou quelque chose du genre. Et réciproquement évidemment pour les Français et les Néerlandais chez nous. Une autre bizarrerie saute aux yeux : Angela Merkel est la femme forte de l'Europe mais elle ne serait vraisemblablement pas élue présidente de l'UE par les Européens. Si elle était soumise au suffrage électoral direct en Allemagne, elle obtiendrait la majorité. En raison des besoins politiques de coalition qui prévalent en Allemagne, elle pourrait toutefois vite perdre son pouvoir malgré toute sa côte de popularité et tous les hasards. En d'autres termes, Merkel dirige une Europe qui ne peut pas élire quelqu'un d'autre et elle sera peut-être involontairement dépossédée de son pouvoir par les Allemands qui ne veulent pas se débarrasser d'elle. Tout ceci, du point de vue de la légitimation démocratique, est assez insidieux." (03.05.2012)

El País - Espagne | 03.05.2012

Ulrich Beck et Daniel Cohn-Bendit sur la précarité des jeunes en Europe

Le sociologue Ulrich Beck et l'eurodéputé Daniel Cohn-Bendit ont publié sous le titre L'Europe, c'est nous un manifeste dans lequel ils demandent une année européenne de volontariat pour tous afin de renforcer la cohabitation au-delà des frontières. Le quotidien de centre-gauche El País se fait le relais de cet appel : "La jeunesse européenne, mieux formée que jamais, confrontée à la menace d'Etats en faillite et à la crise des marchés de l'emploi, fait face à son 'destin européen'. Un Européen sur quatre âgé de moins de 25 ans est sans emploi. Là où les jeunes en situation de précarité ont établi leur campement et où leur voix s'élève publiquement, on exige plus de justice sociale. Que ce soit en Espagne, au Portugal, dans les pays d'Afrique du Nord, dans les grandes villes américaines ou à Moscou - partout, cette revendication se fait entendre avec force. La colère grandit face à une politique qui d'un côté se montre prête à sauver les banques en injectant des sommes considérables et, de l'autre, sacrifie l'avenir des jeunes. … C'est pourquoi nous appelons la Commission européenne et les gouvernements nationaux, le Parlement européen et les parlements nationaux à créer une Europe des citoyens actifs ainsi qu'à apporter les conditions financières et juridiques nécessaires pour une Année européenne de volontariat pour tous - un contre-modèle à l'Europe d'en haut, celle que dominent jusqu'à maintenant élites et technocrates." (03.05.2012)


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